Par Nadir Kadi
Poursuivies pour des actes présumés de «corruption», les anciens ministres Noureddine Bedoui et Abdelmalek Boudiaf ont fait l’objet, jeudi, de dispositions judiciaires laissant entrevoir l’ouverture d’un nouveau procès. Le juge instructeur du tribunal de Sidi-Mhamed a, en effet, placé l’ancien Premier ministre et ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, sous «contrôle judiciaire» alors que l’ancien ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, a pour sa part été placé sous «mandat de dépôt».
Procédures judiciaires contre les deux anciens responsables qui entreraient dans le cadre d’une même «affaire» ; plusieurs sources de presse, précisent que les faits reprochés par la justice remontent à la décennie 2000. Les charges retenues, à savoir «l’abus de fonction» et la «dilapidation de biens publics» feraient référence à des actes vraisemblablement commis par les deux responsables en leur qualité de wali de Constantine, entre 2005 et 2010, pour Abdelmalek Boudiaf, et entre 2010 et 2015 pour Noureddine Bedoui. Quant au fond du dossier, aucune précision n’est pour le moment communiquée, cependant, les deux responsables avaient déjà été entendus par la justice, en 2020, dans la cadre d’une enquête sur le chantier de rénovation de l’aéroport de Constantine. Le Projet lancé dès 2001 avait, en effet, duré près de 12 ans et nécessité plusieurs «réévaluations» à la hausse des coûts ; le montant final dépensé par l’Etat serait arrivé à 2 954 milliards de dinars, soit une multiplication par huit du montant avancé lors du lancement des travaux de rénovation de l’aérogare international.
Par ailleurs, et dans une toute autre affaire cette fois, la justice, et plus précisément la sixième chambre criminelle du Conseil judiciaire d’Alger, devrait auditionner le 11 septembre prochain l’ancien ministre des Transports et des Travaux publics, Abdelghani Zaalane. L’ex-responsable, également ancien gouverneur de la wilaya d’Oran, est, pour rappel, poursuivi pour des faits présumés de «corruption» en lien avec la vente de terrains et d’immeubles de la wilaya au profit, selon plusieurs sources, de «personnalités» ou de membres de leurs familles. En ce sens, l’enquête aurait montré que les ventes des terrains, effectuées par l’intermédiaire de l’Agence de gestion urbaine et immobilière de la wilaya d’Oran, auraient été conclues à des prix sous-évalués, mais aussi sans mentions d’offres de ventes, alors que la législation impose la parution d’annonces officielles de l’agence dans les journaux publics. Les charges que retiendraient la justice dans ce dossier seraient «l’abus de pouvoir», «l’abus d’influence» et «l’octroi de privilèges injustifiés».