Journée chargée en ce qui concerne l’actualité judiciaire. Les procès des « affaires Kouninef », ainsi que des ex-ministres de la Solidarité Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, devraient s’ouvrir aujourd’hui au Tribunal de Sidi M’Hamed après plusieurs reports. Des dossiers qui ont nécessité de longs mois d’enquête, les charges retenues dans l’affaire « Kouninef » vont du trafic d’influence au blanchiment d’argent. Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat sont, pour leur part, poursuivis pour « dilapidation d’argent public ». L’ouverture des deux procès sera également accompagnée aujourd’hui par l’annonce du verdict dans une toute autre affaire, celle de l’ex-député FLN Baha Eddine Tliba, dont les « révélations » durant l’instruction ont sévèrement entaché la crédibilité de l’APN.
L’ouverture du procès des frères Kouninef est, à lui seul, un événement tant les prévenus, Noah-Tarek, Abdelkader-Karim et Réda Kouninef, étaient considérés comme des « proches parmi les proches » de l’ancien régime. Les charges qui pèsent contre les trois frères, leur soeur « en fuite », et le gérant de leur société « KouGC » sont lourdes, «blanchiment d’argent», «trafic d’influence», «incitation d’agents publics pour l’obtention d’indus avantages», «financement occulte de partis politiques», «obtention d’indus avantages». Des chefs d’accusations qui laissent à penser que les prévenus, placés sous mandat de dépôt depuis le mois d’avril 2019, étaient au centre d’un véritable réseau. Le procès, qui devait initialement débuter le 19 août, a été reporté, pour rappel, une première fois au 2 septembre puis, une seconde au 9 septembre. Une décision motivée par la demande de la défense qui précisait n’avoir pas eu accès à 15 pièces du dossier d’accusation.
Quant au jugement des ex-ministres de la Solidarité Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, l’ouverture du procès était également prévue le 19 août dernier avant d’être reportée par le Tribunal de Sidi M’Hamed. Il s’agit dans ses grandes lignes d’un procès pour « dilapidation et abus de fonction ». Les deux prévenus, toujours en détention préventive malgré plusieurs demandes de mise en liberté provisoires, sont en effet accusés de charges très lourdes, notamment de « signatures de contrats de marché » sans respecter la législation en vigueur, « d’abus de fonction », de « falsification de documents officiels », de « dilapidation de deniers publics » et de « détournement de fonds et d’équipements » du département de la Solidarité au profit d’associations fictives. Le dossier implique par ailleurs plus d’une vingtaine d’autres prévenus, dont certain comparaîtront libres.
Par ailleurs, le même Tribunal de Sidi M’hamed devrait également donner aujourd’hui son verdict dans l’affaire de l’ex-député du FLN Baha Eddine Tliba, poursuivi aux côtés d’autres personnalités liées à la politique, dont Mahdi Iskander Ould Abbès, fils de l’ancien secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, et plusieurs hommes d’affaire, pour des charges de « financement occulte » des listes électorales lors des législatives de 2017, ainsi que de « blanchiment d’argent ». Le Procureur avait, pour rappel, requis, le 2 septembre dernier, une peine de 10 ans de prison et une amende de 8 millions de dinars contre l’ex-chef de l’APN Baha Eddine Tliba. n