Déception et consternation des militants des droits de l’Homme et avocats après la lourde peine de 18 mois de prison ferme infligée, jeudi, par le parquet de Sidi-M’hammed au jeune militant et poète Mohamed Tadjadit.
Arrêté le 18 novembre aux abords du tribunal de Sidi-M’hamed lors d’un rassemblement de soutien aux porteurs de drapeau berbère qui devaient comparaître ce jour-là, Mohamed Tadjadit est accusé d’«atteinte à l’unité nationale».
Au cours de la même journée, une activiste et étudiante de Tlemcen, Nour El Hodda Oggadi, a été placée sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal de la même ville pour «atteinte à l’unité nationale, atteinte à corps constitué et atteinte au moral des troupes», et ce, pour ses publications sur Facebook.
A Alger, le juge d’instruction près le parquet de Sidi M’hamed poursuit ses auditions dans le fond. Après les militants de RAJ, mercredi dernier, il entendra, lundi prochain, deux détenus, à savoir Reda Amroud et Mohamed Chellali.
Dans un communiqué rendu public, le CNLD a publié une liste «non exhaustive» des détenus d’opinion, dans laquelle sont recensés 158 détenus d’opinion et 15 libérations des détenus entre relaxe et non-lieu. Ledit comité rappelle que dans les wilayas de Tizi Ouzou, Bouira et Béjaïa, la police a usé de gaz lacrymogènes contre des manifestants pacifiques, le jeudi 12 décembre, causant plusieurs blessés, l’éborgnement de quelques-uns ainsi que la mort d’un autre à Boumerdès. Dans ce cadre, des avocats du collectif de défense des détenus d’opinion informent que le CNLD se constitue, en collaboration avec des médecins, pour le dépôt de plaintes contre les responsables de ce qu’il qualifie de «tragédie», précise le CNLD, qui n’omet pas de dénoncer la
«répression violente» contre des manifestants pacifiques à Oran.
Pour ce qui est de l’offre de dialogue faite au Hirak par Abdelmadjid Tebboune et qui a suscité des réactions diverses de la part de la classe politique entre ceux accueillant favorablement l’offre et ceux qui s’y opposent, RAJ se veut
«intransigeant» et se demande «comment peut-on parler de dialogue quand on interdit aux Algériens de s’exprimer librement, d’exercer leur droit de manifester pacifiquement dans la capitale et sur le territoire national ?», a lancé Abdelouhab Fersaoui, président de RAJ, dans une lettre à partir de la prison.