La main du procureur de la République a été très lourde quant au réquisitoire contre Semmani Amazigh et son ami Tanfiche Ameziane. Le premier a été arrêté vendredi 20 septembre, sur une moto, en compagnie de son ami, Tanfache Ameziane. Les versions de la défense et de la partie civile sont contradictoires quant aux circonstances et l’heure de l’interpellation des deux jeunes béjaouis. En tout cas, le premier sera écroué et le second relâché quelques heures plus tard pour une comparution le 2 octobre 2019. Les nombreux avocats qui se sont constitués pour la défense des deux inculpés attendaient tout simplement la relaxe, quoique le juge n’ait pas encore livré la sentence pour les faits reprochés aux deux accusés. Deux accusés qui ont été appréhendés aux alentours de la maison de la culture Mohamed-Laïd El Khalifa à Constantine, il y a deux vendredis. « Nos clients se sont juste arrêtés devant le Palais de la culture pour prendre des photos souvenirs avec des « Hirakiste » constantinois. Semmani avait certes un emblème amazigh, mais il était dans son sac-à-dos », ont clamé les avocats qui se sont portés volontaires pour défendre les deux jeunes issus de la wilaya de Béjaïa. Le procureur livrera une autre version où les deux Béjaouis étaient à bord d’une moto et ont été interpellés au centre-ville, « aux alentours de la Maison de la culture, il est vrai, mais à 22 heures, une drôle d’heure pour prendre des photos dans un endroit désert et déserté ». Une façon comme une autre pour le procureur de la République de dire que les deux prévenus étaient venus uniquement pour participer au Hirak constantinois, ce qu’assuraient Semmani et Tanfiche, aidés par toute une pléiade d’avocats de Béjaïa, de Tizi Ouzou et de Constantine. Le tribunal de Ziadia, plein comme un œuf, n’a pas suffi à contenir la nombreuse foule venue s’enquérir de la condition des deux prévenus. Journalistes, avocats et activistes étaient présents pour suivre le second procès d’activistes à Constantine. Et contre toute attente, le procureur n’ira pas avec le dos de la cuillère, car enchaînant les délits pour les accusés, faisant un réquisitoire à l’issue duquel il demandera une peine de
5 années d’emprisonnement fermes à l’encontre de Semmani Amazigh et trois ans fermes, aussi, pour Tanfiche Ameziane, qui avait comparu libre, et le restera, du moins jusqu’au verdict attendu pour le 9 octobre prochain. Le procès est donc en délibéré et la sentence sera livrée à la date citée plus haut.