Par Nadir Kadi
Le procès pour corruption de Kamel Chikhi a de nouveau été reporté, hier, par le Tribunal de Tipasa. Le traitement du dossier par la justice, initialement programmé le 17 janvier dernier, enregistre ainsi son cinquième report. Le Tribunal, qui a fixé hier l’ouverture du procès pour le 4 avril prochain, a également fait savoir que ce dernier report avait été demandé par les avocats de la défense.
Pour rappel, Kamel Chikhi, dit El-Bouchi, en référence à l’une de ses activités commerciales, s’était fait connaître du grand public lors d’une toute autre affaire, celle du « scandale » de la cocaïne du port d’Oran. Le procès, en attente au niveau du Tribunal de Tipasa, met quant à lui en avant des soupçons de corruption et de fraude en retenant les charges « d’octroi d’indus avantages », « réduction d’impôts et de taxes sans autorisation », « abus de fonction » et « obtention d’intérêts de façon illégale ». Activités frauduleuses qui auraient ainsi causé des pertes au Trésor public estimées par la justice à près de 15 millions de dinars.
L’affaire, qui cite également les « complicités » de trois autres accusés, dont un notaire et deux employés, remonte, pour rappel, à l’année 2016 et concerne principalement la signature d’un acte notarié dans des conditions jugées frauduleuses. L’accusé Kamel Chikhi aurait, en effet, eu recours à un
notaire agréé de la ville de Tipasa pour le transfert d’une propriété foncière lui appartenant à Aïn Benian au profit d’une société à responsabilité limitée, activant dans une promotion immobilière. Une société dont il était associé et gérant, une démarche qu’il aurait entreprise dans des conditions jugées suspectes par la justice. L’objectif derrière cette violation présumée de la législation aurait été de bénéficier d’une importante réduction d’impôts en ne versant que 1% des taxes dues, alors qu’elles étaient fixées à 5%.
Quant à l’enquête de la justice, lancée dès 2018 dans le cadre de la loi sur la corruption, elle avait abouti, le 15 octobre dernier, par l’émission d’un mandat de dépôt par le juge d’instruction près le Tribunal de Tipasa contre Kamel Chikhi. Ce dernier avait par ailleurs été placé en détention provisoire dans le cadre de l’affaire, alors que ses coaccusés avaient pour leur part été placés sous contrôle judiciaire.