L’ancien commandant de l’ALN Lakhdar Bouregaâ a refusé hier de répondre aux questions du juge d’instruction près le tribunal de Bir-Mourad Raïs, où il était question de l’auditionner dans le fond. Selon le témoignage de ses avocats, Bouregaâ a rétorqué au magistrat instructeur en faisant part de sa « non-reconnaissance de l’appareil judiciaire qui ne jouit pas d’indépendance ». « Je ne reconnais pas la justice qui émane d’un pouvoir illégitime. Je ne reconnais pas la justice qui fonctionne aux injonctions », a déclaré Bouregaâ au juge d’instruction, selon le collectif de défense. Le détenu de 86 ans a également refusé de signer le procès-verbal de l’audition. Lakhdar Bouregaâ est poursuivi, pour rappel, pour atteinte au moral de l’armée, des délits énoncés dans les articles 75, 144 bis et 146 du code pénal. Il a été placé le 30 juin dernier en détention préventive. Ainsi il bouclera, mercredi prochain, les quatre mois de détention préventive, une ordonnance renouvelable une seule fois pour une durée de quatre mois également, sachant qu’il a interdit à ses avocats d’introduire de nouvelles demandes de liberté provisoire. Lakhdar Bouregaâ avait, faut-il le rappeler, décidé de rejoindre un groupe de détenus d’opinions, incarcérés à El Harrach, déterminés à mener une grève de la faim en signe de protestation de la «lenteur judiciaire » de leurs dossiers et leur incarcération jugée «abusive ». Mais l’ancien moudjahid a décidé de renoncer à cette option au vu notamment de son âge avancé et de son état de santé.n