Sauf report, la gestion de certains projets d’infrastructure par l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), durant les deux dernières décennies, devrait faire l’objet d’un nouveau procès face aux juges du tribunal de Sidi M’hamed.

Par Nadir Kadi
L’affaire, dont l’ouverture est programmée ce matin, évoque en ce sens des charges particulièrement lourdes liées à la corruption et la mauvaise gestion. Elle cite notamment parmi les 30 prévenus, le nom de l’ex-ministre des Ressources en eau Arezki Berraki, placé en détention provisoire depuis plus d’un an.
Dans ce contexte, des sources de presse, citant les résultats de l’enquête de la police judiciaire, ont notamment fait savoir hier, que les «malversations» évoquées par la justice auraient causé la perte de plus de «1 800 milliards de centimes» au Trésor public.
En effet, enquête de la justice qui a vraisemblablement enregistré un tournant en juin 2021, au moment où le juge d’instruction au Pôle pénal spécialisé dans la lutte contre le crime financier et économique près le tribunal de Sidi M’hamed, avait ordonné le placement en «détention provisoire» de l’ancien ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, poursuivi plus précisément en sa qualité d’ancien Directeur général de l’ANBT entre 2015 et 2020. Les soupçons de la justice, qui poursuit également dans ce dossier un ex-cadre du même ministère, concernent notamment l’attribution, la gestion et le suivi de plusieurs projets de construction de barrages, de canalisations de transfert des eaux ou d’infrastructure de pompages, lancés dès le début des années 2000.
Selon Echourouk l’enquête s’est, entre autres, penchée sur le dossier du chantier du barrage de Beni Haroun (wilaya de Mila), sur la réalisation de retenue d’eau et divers chantiers dans les wilayas de Tlemcen, Tiaret, Tizi-Ouzou, ou encore sur le projet de la canalisation de transfert des eaux dite «MAO» entre Mostaganem-Arzew-Oran.
Ainsi, pas moins de 13 projets d’infrastructure seraient entachés par de graves irrégularités, et plus précisément de retards injustifiés ayant systématiquement entraîné la signature de nouveaux contrats et l’attribution de nouvelles enveloppes financières.
Des procédures marquées vraisemblablement par des «incohérences» alimentent aujourd’hui les soupçons de mauvaise gestion. Le dossier laisserait en ce sens apparaître la perte cumulée de plus de 1 800 milliards de centimes en près de 20 ans.
Par ailleurs, concernant les «bénéficiaires» de ces supposés malversations, la même source avance également que des cadres, aujourd’hui poursuivis, auraient bénéficié d’avantages de la part d’entreprises de construction algériennes ou étrangères. Et dans cette logique, les principales charges retenues par la justice seraient en substance la violation des règles d’attribution des marchés, l’attribution d’étude à des bureaux non qualifiés, l’attribution de marchés à des entreprises non qualifiées, dépassement de délais, élaboration de contrats sans appel d’offres.
Par ailleurs, certains des 30 accusées feraient également l’objet de soupçons de surfacturation, manquement dans l’obligation de contrôle, dilapidation de l’argent public, mais aussi falsification de documents et blanchiment d’argent. n