Par Nadir Kadi
L’Association internationale de défense des droits de l’homme, Amnesty International, a appelé, hier, les autorités algériennes à «libérer» les avocats et accusés Abderraouf Arslan, Abdelkader Chahra et Yacine Khelifi, et que la justice devait «abandonner l’ensemble des motifs d’accusation retenus contre eux». Des motifs d’accusation dont certains sont pourtant importants, notamment des liens avec une organisation terroriste.
En effet, communiqué publié alors que le jugement de l’avocat Abderraouf Arslan était prévu hier, Amnesty International, qui rappelle que les trois accusés ont été placés en «détention provisoire», précise son propos en ajoutant : «Abderraouf Arslan est jugé suite à des accusations en lien avec sa défense d’activistes politiques», Abdelkader Chahra et Yacine Khelifi, seraient, quant à eux, poursuivis, selon le communiqué de l’ONG, «dans le cadre de leurs protestations suite à la mort d’un activiste en prison dans des conditions suspectes». En ce sens, l’ONG, citant son vice-président pour le bureau du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, estime que «les arrestations injustifiées de ces trois avocats portent le message que la défense des prisonniers politiques n’est pas acceptée en Algérie».
Un point de vue certainement rejeté par la justice et les autorités algériennes, mais que l’ONG justifie et argumente en ajoutant que «l’Algérie s’est engagée à protéger le droit à une justice équitable, cela est impossible sans une représentation légale appropriée. Il faut permettre aux avocats d’exercer leur métier et de s’exprimer, sans intimidation et sans peur d’une arrestation».
Et dans cette logique, il est également noté dans le même document de l’ONG que l’arrestation de l’avocat Abderraouf Arslan avait eu lieu en mai 2021 au niveau du tribunal de Tébessa suite à la «défense de trois activistes du Hirak», selon Amnesty International. Le document ajoute toutefois que la justice avait mis en avant des accusations de «diffusion de fausses informations» mais surtout le lien entre l’avocat et l’organisation «Rachad», classée sur la liste des mouvements terroristes. Quant à l’avocat Abdelkader Chahra, l’ONG rappelle qu’il fut arrêté en mai dernier lors d’un «rassemblement» devant la prison de Chlef. La justice avait pour sa part fait savoir que l’accusé avait participé à un attroupement portant «atteinte à l’ordre public» et qu’il aurait «distribué des tracts après un sit-in devant la prison de Chlef». Par ailleurs, Amnesty International a souligné, hier, à propos de l’arrestation en mai dernier de l’avocat Yacine Khelifi, que la justice lui reproche des propos diffusés sur internet sur les conditions du décès du détenu Hakim Debzi.