L’ancien directeur général de la sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel, limogé en juin 2018, a été placé en détention préventive à l’issue de son audition, jeudi, par le juge d’instruction près le tribunal Sidi-M’hamed (Alger). Le verdict a été prononcé tard dans la nuit de jeudi à vendredi après son inculpation pour « détournement de foncier et enrichissement illicite ». Deux de ses fils, inculpés pour les mêmes chefs d’accusation, ont également été écroués dans la nuit tandis que son épouse, impliquée dans les mêmes affaires, a été placée sous contrôle judiciaire. Après donc de nombreux aller-retour entre son domicile et le tribunal, tantôt convoqué par la cour de Tipasa, tantôt par le tribunal d’Alger, Abdelghani Hamel croupit à la maison d’arrêt d’El Harrach, sur décision du juge d’instruction près la Cour d’Alger. Dans cette affaire le concernant, outre ses fils, placés en détention préventive, alors que l’épouse est mise sous contrôle judiciaire, le magistrat instructeur doit entendre 19 autres personnes, parmi lesquelles d’anciens walis et des promoteurs immobiliers. L’instruction du dossier n’est qu’à son début. Démis de ses fonctions en juin 2018 par le président déchu Abdelaziz Bouteflika sur fond de scandale de trafic de cocaïne, l’ancien DGSN a été maintes fois entendu par les juges d’instruction près le tribunal de Tipasa et la Cour d’Alger. Fin avril, Abdelghani Hamel avait déjà été entendu avec l’un de ses fils par le juge d’instruction du tribunal de Tipasa (70 km à l’ouest d’Alger) dans le cadre d’une affaire de « trafic d’influence ». Les deux hommes étaient alors ressortis libres du tribunal. L’ex-DGSN est le dernier haut fonctionnaire à être conduit à la prison d’El Harrach à l’issue de son audition par le juge d’instruction près la Cour d’Alger. Durant la même semaine, le patron du Groupe Mazouz ainsi que le fils de l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ont été également mis en détention dans l’affaire du groupe Mazouz, concernant plus particulièrement sa filiale automobile.
D’autres anciens ministres appelés à la barre
Il est attendu que les juges de la Cour suprême instruisent plusieurs dossiers dès cette semaine, à commencer par les deux affaires impliquant Saïd Barkat et Djamel Ould Abbès, respectivement ancien ministre de l’Agriculture et ex-ministre de la Solidarité nationale. Selon des indiscrétions, l’audition de ces deux anciens ministres est prévue dimanche et lundi, en attendant la comparution d’autres anciens ministres des précédents gouvernements d’Abdelaziz Bouteflika, dont Amar Ghoul et Boudjema Talaï, respectivement ancien ministre des Travaux publics et ex-ministre des Transports. La Cour suprême avait déjà instruit plusieurs dossiers suite aux procédures de poursuites judiciaires engagées par le parquet général à l’encontre de 12 anciens responsables siégeant dans les précédents gouvernements d’Abdelaziz Bouteflika. Outre les 12 anciens responsables qui ont fait l’objet d’un communiqué diffusé par la plus haute juridiction, de nouvelles poursuites judiciaires ont été engagées la semaine dernière à l’encontre de 4 anciens ministres, poursuivis dans l’affaire de l’homme d’affaires Arbaoui Hassane, propriétaire de KIA automobile, pour des faits punis par la loi. Depuis le début de l’instruction de ces affaires de corruption, huit responsables ont comparu devant le conseiller instructeur près la Cour suprême, dont certains ont été placés en détention préventive, à savoir : les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal et l’ancien ministre du Commerce et des Travaux publics, Amara Benyounes. D’autres responsables ont été placés sous contrôle judiciaire, en l’occurrence les anciens ministres des Transports, Amar Tou, des Transports et des Travaux publics, Abdelghani Zaalane, des Finances, Karim Djoudi, et l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, alors que le wali d’El Bayadh Mohamed Djamel Khenfar avait été acquitté. Outre les dossiers de Saïd Barkat et de Djamel Ould Abbès, le parquet général près la cour suprême reprendra, en début de semaine prochaine, la poursuite judiciaire contre les quatre responsables restants de l’ancienne liste comprenant 12 anciens Premiers ministres, ministres et walis. Il s’agit de Bouazghi Abdelkader, Ghoul Amar, Bouchouareb Abdeslam et Talai Boudjemaa et ce conformément aux formes et conditions prévues par le code de procédure pénale.