L’affaire du baron de la drogue « Oussama Escobar » connaît de nouveaux rebondissements après l’appel du parquet général, dimanche dernier, de « requalifier » les faits retenus contre cet ancien dealer de 28 ans, jugé préalablement pour délit d’évasion du pénitencier d’El Harrach. A cet appel, la chambre pénale près la Cour d’Alger donnera sa réponse le 22 janvier.

Elle décidera s’il faut rester au premier chef d’accusation ou d’en retenir d’autres dont le plus important est constitution d’une « association de malfaiteurs » dans l’objectif de se soustraire à l’administration pénitentiaire et la justice, un délit passible de 10 à 20 ans de prison ferme et d’une amende allant de 10 000 à 100 000 DA, selon l’article177, alinéa 3 du code pénal.
Dans son appel, le représentant du parquet général a soulevé l’exception « d’incompétence matérielle » de la chambre pénale près la Cour après que le prévenu Oussama Escobar, de son vrai nom Oussama Henniche, ait reconnu au bout d’une audience qui a duré plus de dix heures avoir planifié son évasion spectaculaire de la prison d’El Harrach à l’aide de complices, dont des gardiens de la prison. Sur la base des aveux nouveaux du prévenu, le représentant du parquet général a considéré qu’il y avait lieu de prononcer l’incompétence matérielle de la chambre pénale avec « requalification des faits, de délit de fuite et participation à sa facilitation, en crime consistant à diriger une association de malfaiteurs à l’encontre du principal prévenu Henniche Oussama, et la participation pour les autres mis en cause ».
En octobre dernier, la section des délits près le tribunal d’El Harrach avait prononcé à l’encontre dudit Oussama Escobar, poursuivi pour délit d’évasion en compagnie de 18 autres mis en cause, dont son avocate, différentes peines allant de l’acquittement à 5 ans de prison ferme. A la question du juge, Tayeb Hellal, concernant la méthode d’évasion de la prison d’El Harrach, considérée comme « une forteresse infranchissable », le prévenu a répondu qu’il avait planifié son évasion dès son arrivée à la prison de Koléa, où il a pu, pour
500 000 dinars, obtenir un téléphone portable de l’un des gardiens de la prison, pour contacter ensuite ses complices qui lui ont permis de s’évader après son transfert à la prison d’El Harrach.
Il a ajouté qu’après avoir contacté son avocate qui lui a fourni des vêtements le 23 avril 2016 et avec le concours de certains gardiens, il a pu facilement sortir de la prison rejoignant directement le Maroc où il séjourna à Casablanca avant d’être arrêté dans la région de Témouchent par les services de la Gendarmerie nationale. S’agissant des autres mis en cause, dix-huit au total, le prévenu Henniche Oussama a tenté de nier leur implication. Concernant son avocate, L. Zahira, relevant du barreau de Sétif, le prévenu a fait de nouvelles déclarations la concernant en indiquant que cette dernière l’a aidé sous la contrainte et menace par son complice de kidnapper son unique fils.