Le juge enquêteur près la Cour suprême a ordonné, hier, le placement de l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, en détention provisoire à la prison d’El Harrach, lit-on dans un communiqué diffusé par la plus haute juridiction.

Youcef Yousfi a été entendu par le juge enquêteur dans le cadre de l’instruction du dossier Mahieddine Tahkout, dont la partie impliquant les anciens Premiers ministres, ministres et walis a été transférée par le procureur de la République près la Cour d’Alger vers la Cour suprême, seule juridiction autorisée à auditionner les hauts responsables bénéficiant du privilège de juridiction, prévu par la loi. Youcef Yousfi était arrivé au ministère de l’Industrie et des Mines dans un contexte marqué par la remise en cause de la politique du montage automobile, source, faut-il le constater, de plusieurs délits et de scandales. Il avait succédé à un
Mahdjoub Bedda, qui avait siégé dans le gouvernement d’Abdelmadjid Tebboune. Mahdjoub Bedda avait quant à lui succédé à Abdesselem Bouchouareb, le concepteur de la politique du montage automobile et des deux cahiers des charges ; celui régissant l’activité du concessionnaire automobile et celui encadrant l’investissement dans le montage automobile. Youcef Yousfi a occupé les fonctions de ministre de l’Industrie et des Mines pendant près de deux années, soit du 17 août 2017 au 1er avril 2019. Il a été entendu auparavant par le juge enquêteur près la Cour suprême pour d’autres affaires de corruption. Sa précédente audition s’est soldée par sa mise sous contrôle judiciaire. Hier, le juge enquêteur près la Cour suprême a ordonné le placement de l’ex-ministre de l’Industrie et des mines en détention provisoire ; le troisième ministre à être conduit à la prison d’El Harrach, après Amara Benyounès et Djamel Ould Abbès, alors que les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, croupissent eux aussi à la même maison d’arrêt depuis la mi-juin.
Youcef Yousfi fait face à plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à l’octroi d’indus avantages au titre de l’octroi de marchés publics et de contrats en violation des dispositions législatives, dilapidation de deniers publics et d’abus de pouvoir et de fonction. Le Parquet général près la Cour suprême a engagé les procédures de poursuite judiciaire à l’encontre de plusieurs anciens ministres et hauts responsables conformément aux formes et dispositions prévues dans le code de procédure pénale pour des faits punis par la loi.
Par ailleurs, l’ancien ministre des travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, lui aussi placé sous contrôle judiciaire à l’issue de sa première audition par le juge enquêteur près la Cour suprême, a comparu à nouveau, hier, devant le juge d’instruction près le tribunal de Chéraga à Alger. Il a été auditionné dans des affaires de corruption, apprend-on.
Abdelghani Zaâlane est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation liés principalement à l’octroi d’indus avantages à autrui au titre de l’octroi de marchés publics et contrats, dilapidation de deniers publics et abus de fonction et de conflit d’intérêts.