Par Nadir Kadi
La Chambre pénale près la Cour de justice de Boumerdès devrait réexaminer, dès aujourd’hui 3 avril, le dossier dit du « détournement du foncier agricole » mettant en cause l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel. Ce nouvel examen du jugement rendu en juin dernier, déjà reporté à sept reprises par le tribunal suite à l’absence « pour des raisons de santé » de l’accusé principal, intervient, pour rappel, après le pourvoi en cassation interjeté par la défense auprès de la Cour suprême. Le procès devra en ce sens se dérouler « avec une nouvelle composante judiciaire » et en « audience spéciale destinée exclusivement au jugement des accusés ».
Dossier d’accusation qui retient, selon l’arrêt de renvoi, plusieurs chefs d’accusation liés à la corruption et notamment au « détournement de foncier agricole », « dilapidation de biens publics », « abus de fonction » ou encore « trafic d’influence ». La justice avait reproché aux accusés, dont Abdelghani Hamel, des membres de sa familles et plusieurs walis et hauts responsables, d’avoir injustement bénéficié du pouvoir de leur fonction et influencé des agents de l’Etat afin « d’augmenter les prix et modifier la qualité des matériaux, des services et des délais de livraison ».
Le verdict prononcé le 4 juin dernier par la Cour de justice de Boumerdès avait condamné l’ancien DGSN, Abdelghani Hamel, et l’ex-wali de Tipasa, Moussa Ghelai, à « douze ans de prison ferme ». Le même verdict avait, par ailleurs, confirmé les peines de « 10 ans de prison ferme » contre les ex-walis de Tipasa, Kadi Abdelkader, et Layadi Mustapha, ainsi que la peine de 3 ans de prison ferme contre Chafik Hamel, fils de l’ancien DGSN, et Salim Djai Djai, ex-chef de la Sûreté de wilaya de Tipasa. Le dossier du « détournement du foncier agricole » avait par ailleurs cité et causé la condamnation de l’ex-ministre des Finances, Hadji Baba Ammi, à 4 ans de prison avec sursis ; une peine de « 5 ans de prison ferme » avait également été prononcé contre l’ancien Directeur des domaines de Tipasa, Ali Bouamrane. Par ailleurs une peine de « deux ans de prison ferme » a également été prononcée contre l’ancien directeur de l’industrie et des mines de Tipasa, Haddou Abderrezak, et l’ancien Conservateur foncier de Koléa, Mohamed Bouamama, outre une année ferme contre l’investisseur privé Zerad Abdelhakim. Seul l’ancien Directeur général des Domaines, Kheznadji Djamel, avait été acquitté dans cette affaire. Procès en appel Abdelghani Hamel fait suite aux multiples affaires d’anciens responsables politiques ou figures du monde économique de la présidence Bouteflika.
Il est à noter que cette première semaine d’avril devrait également être marquée par le procès en appel de l’affaire du groupe Metidji. Un dossier, programmé le 6 avril au niveau de la Cour d’Alger, mettant en avant les liens entre pouvoir politique et économique, en citant entre autres l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, et en retenant les charges « d’octroi d’indus avantages », « financement occulte de la campagne électorale », « abus de fonctions » et « dilapidation de deniers publics ».