Le Tribunal de Koléa (Tipasa) a condamné, hier, le militant politique Karim Tabbou à 1 an de prison avec sursis assorti d’une amende de 100 000 DA. La condamnation fait suite à la requalification des chefs d’inculpation retenus contre Tabbou, la juridiction ayant décidé d’abandonner l’accusation portant sur «l’atteinte à l’unité du territoire national».

La semaine passée, le Procureur de la République près le Tribunal de Koléa avait requis une peine de 3 ans de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA, considérant que les déclarations faites par Tabbou en mai 2019 comme «dangereuses et destinées à l’opinion publique nationale avec toutes ses composantes dans un contexte politique sensible traversé par l’Algérie».
Le collectif de défense de Tabbou a indiqué qu’il fera appel du verdict, plaidant l’innocence de l’accusé, qui a lui-même «rejeté» l’accusation selon laquelle il aurait porté atteinte à la défense nationale, à l’unité nationale et au moral de l’armée.
«Je suis un militant politique et je me fixe des limites morales, dont notamment ne pas toucher à l’institution militaire qui est comme une couronne sur nos têtes», a soutenu Karim Tabbou, lors de son audition par le juge, il y a une semaine, après que le procès soit reporté à sept reprises pour diverses raisons.
La défense avait réclamé, faut-il le rappeler, «la nullité des procédures», ce à quoi la présidente de la chambre correctionnelle du Tribunal de Koléa a déclaré que «le procès d’aujourd’hui fait office de dernière instruction judiciaire avant la prononciation du verdict», déclarant «rejeter» la requête de la défense relative à la nullité des mesures. Cependant, elle a annoncé avoir accepté la requête relative à la non-constitutionnalité des articles 74 et 79 du code de procédures pénales sur lesquels s’est appuyé le Parquet pour poursuivre Karim Tabou, avant son interrogatoire et la vérification de ses déclarations consignées dans l’acte de renvoi émis par la chambre d’accusation. Elle avait informé, par la même occasion, qu’une requête «sera introduite par le Tribunal de Koléa pour présenter cette question juridique (article 74 et 79 du code de procédures pénales) à la Cour suprême…
Cette procédure semble ainsi avoir pesé dans le traitement des accusations pour aboutir à ce verdict qui évite à Tabbou une nouvelle incarcération. Pour rappel, le juge d’instruction du Tribunal de Koléa a ordonné, le 11 septembre 2019, le placement en détention provisoire de Karim Tabou.
La chambre d’accusation de la Cour de Tipasa avait décidé le 25 septembre 2019 de placer l’accusé sous contrôle judiciaire. Mais Tabbou est poursuivi également dans une autre affaire dans laquelle il a été condamné à une année de prison dont six mois fermes lors d’un procès tenu le 11 mars dernier. La peine a été cependant aggravée lors du procès en appel le 24 mars, à la Cour du Ruisseau. Il a bénéficié, par la suite, précisément la veille de la célébration de la fête d’Indépendance, d’une remise en liberté à la demande de ses avocats. Une remise en liberté suivie de la précision de la Cour d’Alger : «Pour Karim Tabbou, la chambre correctionnelle près la Cour d’Alger, statuant sur la demande de son avocat, a ordonné sa mise en liberté provisoire», avait précisé alors la cour d’Alger. n

Nouveau report du procès en appel de Boumala
Le procès en appel de Fodil Boumala à la Cour de Ruisseau (Alger) a été renvoyé à l’audience du 1er février 2021, alors qu’il était initialement programmé pour hier, a indiqué le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). La même source rappelle que cette audience en appel a été reportée à plusieurs reprises. Le Procureur du Tribunal de Dar El Beïda avait fait appel, faut-il le souligner, sur sa relaxe survenue mars 2020, après une détention à partir de septembre, pour «atteinte à l’unité nationale et de publications Facebook pouvant porter atteinte à l’intégrité nationale».