Poursuivis pour «détournement et dilapidation» de deniers publics, «conclusion de marchés en violation de la législation» et «d’abus de fonction», les deux anciens ministres de la Solidarité, Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, ont été condamnés hier par le Tribunal de Sidi M’Hamed respectivement à 8 et 4 ans de prison ferme. Des peines assorties du paiement d’une amende d’un million de dinars chacun. Leurs co-accusés ont, quant à eux, écopé de peines allant jusqu’à 3 ans de prison ferme et d’une amende d’un million de dinars pour l’ancien Secrétaire général du ministère Bouchenak Khelladi, Djellouli Saïd, ancien chef du protocole, écope pour sa part de 2 ans de prison, dont une année avec sursis et une amende d’un million de dinars. El Ouafi Ould Abbès, le fils de l’ancien ministre, et seul prévenu dans cette affaire à être jugé par contumace, a été condamné à une peine de 10 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars. La justice a par ailleurs décidé d’émettre un mandat d’arrêt international à son encontre.
Procès qui a, pour rappel, été ouvert le 9 septembre dernier, le dossier d’accusation a principalement porté sur le détournement des fonds du secteur de la Solidarité par «l’intermédiaire d’associations caritatives». 1 857 milliards de centimes d’aides ont ainsi été accordés «irrégulièrement» à quatre associations pour l’acquisition de bus en dehors de la «réglementation sur les marché public». 1 200 autres milliards de centimes se sont retrouvés sur le compte de l’Association de solidarité, de paix et de perspectives, présidée par Ould Abbès, lors de l’organisation du «plan bleu» et de colonies vacances à Boumerdès. Une somme «dilapidée», avait précisé le Procureur. Un achat de 1 200 ordinateurs pour un montant de 680 milliards de centimes a également été évoqué lors du jugement. La justice reprochant ici le détournement d’une partie de ces machines initialement destinées à récompenser les meilleurs bacheliers de la session 2008. Le Procureur de la République avait requis des peines encore plus lourdes en insistant sur le caractère «scandaleux» de l’affaire ; déclarant lors du réquisitoire que les victimes ont été les «catégories les plus vulnérables de la société». Les avocats des accusés nous avaient pour leur part précisé qu’ils feraient appel en cas de condamnation en première instance. La défense de Djamel Ould Abbès avait par ailleurs plaidé la clémence eu égard «au parcours de son client». L’ancien ministre, placé sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach dès juillet 2019, est par ailleurs apparu relativement affaibli durant le procès.