La Cour d’Alger a condamné, hier, l’ancien député FLN Baha Eddine Tliba et Iskandar Ould Abbès (fils de l’ancien secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbès) à des peines de 7 ans de prison ferme, assortie de «la saisie de tous les biens» et d’une amende 8 millions de dinars pour le premier.

Le jugement en appel de cette «affaire» principalement liée à la corruption, retenant notamment la charge «d’infraction à la réglementation de change et des mouvements des capitaux de et vers l’étranger» confirme ainsi le verdict prononcé en première instance. Baha Eddine Tliba, ainsi que le principal coaccusé, avaient été, en effet, condamnés à des peines de 8 ans de prison par le Tribunal de Sidi M’Hamed. La Cour de justice d’Alger n’a cependant pas suivi hier les demandes du Procureur général qui avait requis «le durcissement de peines» dès la première audience du procès en appel.
Verdict final qui condamne également El Wafi Ould Abbès pour les mêmes chefs d’accusation en plus de «l’obtention d’indus avantages» à une peine de 20 ans de prison ferme avec émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre. Bouchnak Khelladi Abdallah, ancien collaborateur de Djamel Ould Abbès lors de l’organisation des candidatures des législatives, en 2017, a lui été condamné à deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 dinars pour «abus de pouvoir». L’entrepreneur Mohamed Habchi a pour sa part été blanchi des accusations portées contre lui. Dossier qui avait été jugé en première instance en septembre dernier après que l’immunité parlementaire de Baha Eddine Tliba ait été levée à la demande du ministère de la Justice. «L’affaire» avait rapidement pris l’apparence d’un véritable scandale politique dès les premières questions de la justice et déclarations.
Baha Eddine Tliba qui a maintenu sa position lors du jugement en appel avait, en effet, fait savoir que «les enfants de Ould Abbès» lui avaient demandé la somme de «70 millions de dinars» pour la place de «tête de liste» à Annaba lors des élections législatives. Un «marché» qu’il aurait néanmoins refusé. L’ex-député se défendant des accusations portées contre lui, en déclarant lors des deux procès qu’il avait immédiatement mis au courant les services de sécurité, expliquant notamment avoir informé le général Bachir Tartag, «ses éléments ont filmé, pris des photos et enregistré les communications des deux enfants de Ould Abbès qui étaient en contact avec moi. Ils savaient tout».
Version des faits réfutée par Djamel Ould Abbès et son fils Iskander. Le premier a fait savoir, le 29 novembre, lors de l’ouverture du procès en appel que l’affaire est «montée de toutes pièces» et qu’il ignorait les «mouvements» de ses fils. Iskander Ould Abbès a, lui, affirmé en première instance que «cette affaire était un complot» contre son père, lui-même n’aurait jamais eu le «pouvoir» d’intervenir dans la constitution des listes électorales. Quant à l’accusé Bouchnak Kheladi Abdallah, ancien collaborateur de Djamel Ould Abbès lors de la préparation des législatives de 2017, il précise avoir travaillé «bénévolement», et nie avoir bénéficié d’un logement privé à la résidence Essahel de Club-des-Pins, autrement que pour une durée «d’un mois seulement». Ses déclarations ont toutefois mis en cause le fils de Djamel Ould Abbès ; l’accusé ayant fait savoir qu’il avait reçu plusieurs communications, dont celle d’El Wafi Ould Abbès, pour l’inscription de certains noms sur les listes électorales. Des propos qui ont, semble-t-il, confirmé les soupçons de la justice ; d’autant que l’enquête avait révélé l’existence de contacts réguliers entre les accusés. Le juge de première instance avait ainsi noté, lors d’une question, que près de 150 appels téléphoniques avaient été échangés entre Baha Eddine Tliba et Iskander Ould Abbès. <