L’importance que revêt le Mali pour l’Algérie s’exprime, une nouvelle fois, et fait entendre la voix de la raison que la diplomatie algérienne a de tout temps défendue pour ce pays voisin, plongé dans une crise politique et sécuritaire qui s’est encore aggravée depuis le coup d’Etat mené par des militaires contre le président Boubacar Keïta.
La visite du ministre algérien des Affaires étrangères au Mali s’inscrit dans cette logique et confirme la détermination de l’Algérie à aller jusqu’au bout de ses efforts, versés au compte d’une solution pacifique et basée sur le dialogue en terre malienne. Ceci d’autant que le déplacement de Sabri Boukadoum au Mali est la première initiative du genre venue directement d’un pays depuis le renversement d’IBK. Elle dénote, s’il le faut, du souci, mais aussi de la volonté des autorités algériennes à conserver le rôle pivot de notre pays dans la région. Non pas en recourant à une présence militaire de ses troupes sur des terres qui ne sont pas les siennes, mais en y cultivant les principes de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du Processus d’Alger.
La mission s’est sans doute compliquée davantage depuis le renversement de IBK, qui a projeté le pays au-devant de la scène internationale et qui pourrait entrouvrir la voie aux partisans de la solution armée et une montée des hostilités guerrières dans ce pays. C’est pourquoi, le redéploiement diplomatique s’est rapidement avéré comme une mesure d’urgence à faire valoir contre l’opération de choc menée contre le chef de l’Etat malien, le 18 août.
Un redéploiement basé sur l’apaisement en cette période de tension et axé sur une tactique non guerrière qui a, justement, permis à l’Algérie de se distinguer dans de nombreuses circonstances sur la scène internationale, en faisant parler le discours de la paix et du dialogue. Dans le cas du Mali, l’intervention diplomatique algérienne est plus que nécessaire. Elle est vitale pour la survie des espoirs nourris pour la paix. Dans la suite du Processus d’Alger.