PAR NAZIM BRAHIMI
L’Algérie a commémoré, hier, la Journée nationale de l’émigration coïncidant avec le 61e anniversaire des massacres du 17 octobre 1961 marqués par la violence de la police parisienne contre les manifestants algériens dont certains ont été jetés dans la Seine.
A cette occasion, le chef de l’Etat a adressé un message dans lequel il a appelé notamment la communauté nationale à l’étranger à «adhérer au projet du renouveau national», considérant ce rendez-vous comme «une de ces haltes de fidélité à notre glorieuse mémoire» dont la commémoration intervient pendant l’année qui marque 60 ans de l’Indépendance de l’Algérie.
«En cette journée nationale de l’émigration commémorant les manifestations du 17 octobre 1961, nous nous remémorons les tragédies et les massacres odieux commis, il y a 60 ans, par le colonisateur inique contre les émigrés algériens qui ont affirmé par leurs positions, à travers le temps, que leur émigration ne représentait nullement un éloignement de leur patrie, ni des souffrances ou des espoirs de leurs compatriotes», a écrit le chef de l’Etat dans son message.
Pour lui, «les Chouhada de ce massacre barbare ont rejoint les pionniers de la liberté qui ont sacrifié leur vie pour se libérer du joug colonial, à commencer par les résistances successives face aux forces coloniales jusqu’au massacre du 8 mai 1945, sans omettre les Chouhada qui ont voué leur vie à l’aboutissement de la Glorieuse guerre de libération nationale».
Estimant que tous se sont érigés en «modèle exemplaire d’abnégation, de dévouement, de don de soi et de nationalisme», le président Tebboune a souligné que cette journée est une de «ces haltes de fidélité à notre glorieuse mémoire qui nous interpelle à adhérer au projet du renouveau national et à nous orienter, mus par une profonde conviction, vers l’avenir pour gagner l’enjeu de l’édification d’une économie nationale prometteuse et réaliser le développement durable qui place le citoyen au cœur de ses actions dans tous les aspects de la vie».
Et d’affirmer, que «notre diaspora est, évidemment, concernée en cette phase où nous nous attelons à l’édification de l’Etat des institutions et de droit, et relevons les défis de la construction de l’Algérie nouvelle», ajoutant que cette diaspora «est appelée à intensifier sa contribution à l’effort national».
Pour M. Tebboune, la révision de la Constitution a permis à cette diaspora «d’adhérer à la dynamique socioéconomique enclenchée dans l’Algérie nouvelle qui mise sur le potentiel de ses enfants, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, une Algérie forte, prospère, altière et ouverte sur le monde».
Par la même occasion, le président Tebboune a observé une minute de silence à 11h et récité la Fatiha du Coran, à la mémoire des martyrs des massacres du 17 octobre 1961. La cérémonie s’est déroulée au siège de la Présidence de la République en présence de conseillers et de cadres de la Présidence.
Pour sa part, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebiga, s’est recueilli là la place de la Résistance (Alger), à la mémoire des chouhada de la Guerre de libération en présence du wali d’Alger, Rabehi Mohamed Abdennour, de moudjahidine et de membres du Parlement.
Du côté français, le président Emmanuel Macron a écrit sur son compte twitter qu’il s’agit de «crimes inexcusables» pour l’Etat français, déclarant que la France n’oublie pas les victimes des massacres commis en 1961 sous les ordres de Maurice Papon.
«A Paris, il y a 61 ans, la répression d’une manifestation d’indépendantistes algériens faisait des centaines de blessés et des dizaines de morts. Des crimes inexcusables pour la République. La France n’oublie pas les victimes. La vérité est le seul chemin pour un avenir partagé», a écrit Macron dans son tweet. n