Le Président de la République, Abdelmadjid  Tebboune a adressé jeudi un message à la corporation de la presse à  l’occasion de la Journée nationale de la presse et la remise du Prix du  Président de la République du journaliste professionnel, dont voici la  traduction APS: 

« Au nom d’Allah, le Clément et Miséricordieux, Que le Salut d’Allah soit sur Son Messager,  Journalistes, Membres de la Corporation, Femmes et hommes de la profession dans les secteurs public et privé et  tous les autres moyens de communication classiques et modernes…  Il m’est particulièrement agréable de célébrer, avec vous, la Journée  nationale de la presse qui se veut l’expression de notre considération pour  cette profession dont nous nous remémorons le passé honorable, tout en nous  projetant dans un avenir aussi prometteur pour ce métier que nous entourons  de notre soutien et de notre plus grand intérêt. C’est, aussi, une halte pour nous remémorer avec déférence et  reconnaissance, le combat des journalistes de l’ancienne génération qui  contribuèrent avec un haut sens de patriotisme et un professionnalisme hors  pair à la lutte contre les forces d’occupation, pour faire connaitre la  justesse de notre cause de libération dans les foras internationaux. Ces journalistes ont lutté avec des moyens très limités, voire inexistants  pour apporter leur soutien aux moudjahidine dans les villes et villages, à  l’unité du peuple et à son adhésion autour de sa glorieuse Révolution.  Le journaliste algérien a toujours fait preuve de loyauté à sa patrie,  notamment durant les périodes difficiles, où les hommes et les femmes de la  profession ont payé de leur vie le prix de la souveraineté du pays et des  valeurs humaines. Autant d’apport et de sacrifices qui s’érigent, désormais, en référence  honorable dans l’exercice de la profession avec liberté et responsabilité  et qui balisent la voie devant les nouveaux diplômés de l’Université  algérienne qui rejoignent cette profession en constante évolution face à la  progression effrénée des nouvelles technologies de l’Information et la  Communication. 

Mesdames et Messieurs, 

Les journalistes traversent, aujourd’hui, une étape charnière de leur  carrière, à la faveur de la variété et du développement des contenus et des  formes des moyens d’information et de communication, lesquels ouvrent grand  la voie à la créativité à travers l’utilisation du numérique et des  supports électroniques dont certains sont, malencontreusement, exploités à  des fins d’atteinte à la dignité humaine, loin de tout respect de l’éthique  professionnelle. Face à cette situation susceptible de prendre des proportions  inquiétantes, il est désormais impératif, voire urgent, d’engager une  réflexion participative et positive en vue de créer des mécanismes à même  de codifier et d’encadrer les nouveaux outils de travail dans le monde de  la presse, basés sur le numérique et les médias électroniques.   Nous avons fait de ce domaine une des priorités de relance du secteur de  la communication, en consécration du droit du citoyen à une information  juste, mais également pour accompagner le processus d’édification de  l’Algérie nouvelle sous-tendue par la bonne gouvernance et l’action  démocratique dans la transparence et l’égalité des chances entre tous.  Pour ce faire, le premier cadre juridique définissant les modalités  d’exercice de l’activité d’information en ligne et régissant le droit de  réponse et la rectification sur site électronique, a été mis en place il y  a peu. Cette opération a permis de réguler l’activité de la presse électronique,  prisée par des millions de citoyens, et de l’héberger en Algérie, en  veillant à produire un contenu électronique purement algérien.  Nous demeurons convaincus que la numérisation n’est pas qu’un simple  choix, mais une exigence de note ère, voire un défi que nous devons relever  de manière à préserver l’unité et la souveraineté du pays et développer la  performance de l’administration algérienne au service de l’économie et pour  la promotion des droits du citoyen, dont ceux relatifs à la communication. Notre pays est, récemment, passé à la diffusion en mode numérique et  poursuivra ses efforts en vue de maitriser l’utilisation et la  généralisation du numérique dans tous les domaines, avec des méthodes  sécurisées et des compétences algériennes innovatrices aussi bien à  l’intérieur du pays qu’à l’étranger.  Cette occasion m’offre l’agréable opportunité d’adresser à nos jeunes  ambitieux mes salutations distinguées et toute ma considération pour leurs  efforts incessants qui ne cessent de nous impressionner, par leur niveau  d’intelligence et leurs innovations exceptionnelles dans des domaines ayant  trait à la IVème révolution industrielle qui offre des opportunités  facilitant la communication entre humains et améliorant la performance des  institutions. Parmi ces jeunes, je cite l’étudiante Linda Aliane qui a réussi à  développer un nouveau modèle de sécurité adapté à tous les systèmes  technologiques et permettant l’accès à n’importe quel ordinateur, tout en  protégeant les actifs numériques, à l’instar des données et  documents. L’inauguration, récemment, de l’exposition des start-up m’a  permis de prendre connaissance des potentialités de ces entreprises en  matière d’innovation et leur détermination à contribuer au développement de  l’Algérie, grâce au savoir-faire de jeunes talents. J’ai été, particulièrement et agréablement, impressionné par les créations  de jeunes de la wilaya de Sétif qui s’étaient adjugés avec brio la première  place au Concours international de robotique organisé en Corée du sud,  ainsi que par les innovations brillantes de jeunes membres de l’Association  « Créativité et innovation scientifique » de la wilaya de M’sila qui ont  inventé « la ferme intelligente » et la chaussure intelligente pour  non-voyants. Ce mérite vaut tous les éloges pour plusieurs considérations, dont la  prise de conscience élevée de ces jeunes talents, en témoigne l’intérêt  qu’ils portent à des questions essentielles dans la nouvelle approche  économique et sociale, à savoir le développement de l’agriculture et la  bonne prise en charge des personnes aux besoins spécifiques. Cette réalisation dénote en particulier le rôle remarquable de la société  civile dans la découverte et l’accompagnement des jeunes talents sur  lesquels nous misons pour relever l’enjeu de l’avenir numérique et des  technologies intelligentes. De ce fait, j’appelle à accorder tout l’intérêt nécessaire aux jeunes  talents scientifiques qu’il convient de motiver, et je tiens à souligner  l’impératif de leur assurer rapidement des laboratoires d’invention pour  les aider à concrétiser et à développer leurs idées et, partant, contribuer  à l’édification de l’Algérie du développement et de l’espoir. Ces laboratoires à généraliser à travers l’ensemble du territoire national  constitueront une sorte d’appui aux autres mécanismes y afférents, à  l’instar de « l’Académie algérienne des sciences et technologie », instituée  en vertu du projet de révision de la Constitution.   

Mesdames, Messieurs,   

Nous avons permis aux jeunes d’accéder à de hauts postes de  responsabilité, notamment dans le domaine du numérique, de l’économie du  savoir, de la prospective et de l’entrepreneuriat, à travers la création de  nouveaux départements ministériels, et en chargeant le Gouvernement de  mettre en place les mécanismes nécessaires pour l’adoption du numérique en  tant que mode de travail, susceptible d’améliorer les services de  l’administration, faciliter les transactions aux citoyens et réaliser un  saut qualitatif dans l’économie nationale. Focaliser sur le numérique et les connaissances pour construire et  promouvoir une économie nationale forte et compétitive, c’est là un choix  stratégique sur lequel nous misons pour développer de nouveaux services,  investir dans des richesses complémentaires au pétrole qui soient  exportables et créer une valeur ajoutée, notamment par le biais des  micro-entreprises et des start-up, qui font partie des fondements de la  nouvelle économie. En appui à cette approche, nous avons lancé il y a quelques jours  seulement, un Fonds national pour le financement des start-up, en tant que  nouveau mécanisme de financement flexible favorable aux jeunes porteurs de  projets dont les ambitions sont souvent freinées par les entraves  bureaucratiques débilitantes. Nous sommes déterminés à surmonter ces entraves en s’orientant vers le  e-gouvernement où les avantages numériques seront exploités au maximum, en  termes de gain de temps et d’argent, d’économie d’effort, de maîtrise de  données et de documents, et de contrôle des transferts de fonds pour éviter  les attitudes suspectes ou illégales qui ont émaillé, par le passé, la  relation de l’administration avec les pseudos « hommes d’affaires et  investisseurs ». Notre économie nationale et le Trésor public ont été grandement impactés  par ces agissements dangereux, des agissements que nous avons pris sur nous  l’engagement de les éliminer. Toute personne responsable de dilapidation de  deniers publics, de corruption ou de préjudice à l’intérêt des citoyens  sera poursuivie en Justice par les juridictions compétentes de manière  indépendante, juste et transparente. Pour ce faire, nous devons placer la sécurité informatique au titre des  priorités de l’édification de l’Algérie nouvelle, à travers l’élaboration  de cadres juridiques et de mécanismes nécessaires pour se mettre au  diapason du développement technologique avec ce qu’il implique comme  applications électroniques et modèles numériques de haute définition. Pour développer ce volet, il est nécessaire de préparer une ressource  humaine qualifiée et de développer des infrastructures numériques, deux  facteurs clés pour bénéficier à la fois des avantages du numérique et faire  face aux risques cybernétiques sur la sécurité du pays et le système des  droits et libertés individuelles et collectives. Pour cela, toutes les entreprises sont appelées à se restructurer et à  intégrer, dans les plus brefs délais, le monde des services électroniques  qui constitue désormais une réalité indéniable et un dénominateur commun  caractérisant à des degrés différents la vie des peuples et les actions des  gouvernements de par le monde.  Cette réalité basée sur la transition numérique effrénée  offre au Gouvernement et au secteur privé d’énormes potentialités pour se  propager au sein des différentes franges de la société et catégories des  citoyens et va même au-delà de toutes les frontières. J’avais donné auparavant des instructions, que je veillerai  scrupuleusement à mettre en œuvre concernant l’accélération de la  numérisation des secteurs ministériels et la réalisation de leur  interconnexion pour mieux lutter contre la bureaucratie et la corruption,  avec nécessité de trouver une solution radicale au problème du faible débit  d’internet et ce compte tenu de l’importance du haut débit dans le succès  de l’opération de numérisation. Nous notons avec satisfaction l’adoption de cette opération par certains  secteurs à travers la mise en place de plateformes numériques spécifiques,  il n’en demeure pas moins que nous misons sur la société civile en vue  d’accompagner ces efforts par la sensibilisation et l’incitation au  numérique et aux solutions technologiques en tant que choix incontournable  pour l’édification de l’Algérie nouvelle, dont l’acte de naissance a été  établi par le Hirak populaire béni. A cet effet, tout citoyen qui se trouve au cœur de la transition  numérique, est appelé à s’intégrer à cette opération à travers  l’acquisition d’un nouveau mode de pensée et l’adoption d’un nouveau mode  de vie adapté aux solutions électroniques innovantes mises en place par les  institutions nationales, à l’instar du e-paiement et des différentes  transactions administratives et économiques.  Mesdames, Messieurs,  

Le choix du thème « le Numérique… une passerelle pour l’édification de  l’Algérie nouvelle », comme sujet de concurrence sur le Prix du Président de  la République du journaliste professionnel, constitue une opportunité pour  mettre en avant les efforts consentis par le secteur de la Communication  visant la généralisation du numérique dans les différentes institutions et  entreprises médiatiques. Je tiens à saluer, hautement, le professionnalisme des journalistes quant  à l’accompagnement du processus de préparation du référendum sur la  révision constitutionnelle, notamment à travers le recours aux médias  électroniques et aux réseaux sociaux pour couvrir les différentes étapes de  cet événement national important et décisif dans le processus d’édification  de l’Algérie nouvelle. Alors que nous rendons hommage à la famille de la presse pour son  professionnalisme dans la couverture de cette échéance, nous réitérons  notre engagement à garantir la liberté de la presse et d’expression dans le  cadre des lois en vigueur et des garde-fous éthiques auxquels doit se  conformer, instinctivement, le journaliste dans l’accomplissement de sa  mission médiatique noble. Nos médias sont en mesure de s’ériger en donneurs de leçons en matière de  professionnalisme pour le compte de médias de certains pays qui prétendent  le leadership en termes de liberté de la presse, mais qui, en réalité, n’en  font qu’un slogan vain qui n’a de fin que des règlements de comptes  conspirés par des lobbies hostiles à l’Algérie, qui demeurera toujours  invincible. Ces pratiques viles entachent d’opprobre les chaînes de télévision qui  font fi de l’éthique professionnelle et des droits de l’homme, droits de la  femme et de l’enfant compris, pour cracher leur venin sur notre pays, sous  forme de fake-news notamment à l’occasion de grands rendez-vous de  l’histoire de l’Algérie nouvelle, à l’image de l’échéance du référendum sur  le projet de révision constitutionnelle. Ce document soumis à référendum le 1er novembre prochain, avec toute la  symbolique de cette date et son poids historique qui rappelle à nos ennemis  la force des Algériens et leur nationalisme, est à même de renforcer les  constantes de la Nation et les fondements de son identité indissociable qui  ne saurait faire l’objet de surenchères. Pour ce faire, nous souhaitons que le peuple plébiscite ce document  novembriste qui constituera un jalon fondamental dans l’édification de  l’Algérie nouvelle qui consacre la démocratie et la bonne gouvernance à  travers la modernisation de l’administration et la moralisation des  transactions à différents niveaux. L’établissement d’une nouvelle ère dans l’histoire séculaire de l’Algérie  intervient en réponse aux revendications du peuple qui veut une rupture  avec les dépassements et pratiques négatives qui ont fait perdre au citoyen  la confiance envers les institutions de l’Etat et affaibli l’administration  et l’économie par la corruption. Nous avons promis, en décembre passé, de répondre à ces revendications,  plutôt aux droits légitimes, et voilà que nous honorons, une à une, nos  promesses conformément au programme cautionné par le peuple qui a exprimé  ses choix et ses aspirations, notamment ceux ayant trait à la préservation  de l’identité nationale dans ses trois dimensions, à savoir l’Islam,  l’Arabité et l’Amazighité, à la promotion des droits et des libertés et à  la consécration de l’égalité notamment en zones d’ombre figurant parmi les  priorités du programme de développement national, outre la préservation des  deniers publics, l’encouragement de l’investissement productif, la  libération des initiatives et la séparation effective et flexible des  pouvoirs. Grâce à Dieu et aux efforts de toutes les personnes intègres, le train du  changement radical a démarré sur la voie du développement et du progrès et  il ne sera, en aucun cas, stoppé par les ennemis de l’Algérie, ni par les  complots ourdis contre notre pays, encore moins par ceux que les décisions  souveraines de l’Algérie et ses choix stratégiques dérangent, qu’il  s’agisse d’affaires nationales ou internationales, je cite en particulier  nos positions fermes et nos initiatives sages concernant la région du  voisinage africain.

Mesdames, Messieurs,   

A l’approche de l’échéance référendaire, je ne puis que renouveler mon  invitation aux Algériennes et aux Algériens à l’intérieur du pays et à  l’étranger, à participer en toute démocratie à ce référendum que la presse  nationale a accompagné dans ses différentes étapes, par des actions de  sensibilisation et des couvertures médiatiques des activités et débats y  afférents. Nous avons perçu, avec grande satisfaction, la qualité et la crédibilité  du service offert par les médias algériens, à travers l’utilisation des  sites électroniques et des réseaux sociaux pour la diffusion de  l’information en temps réel, la célérité dans la diffusion et le partage  ainsi qu’une interaction immédiate avec le thème du référendum. Dans le souci du renforcement de cette prestation, le projet de révision  de la Constitution garantit le droit à la création de sites et de journaux  électroniques, en consécration de la liberté de la presse avec tout ce  qu’elle comporte comme liberté d’expression, de créativité et de droit  d’accès aux sources d’information et de protection de l’indépendance du  journaliste et du secret professionnel. Parmi les principales garanties contenues dans ce projet, il y a lieu de  citer la non soumission du délit de presse aux sanctions privatives de  liberté et la non suspension d’une activité journalistique, quels que  soient les moyens de sa diffusion ou publication sans décision de justice. Il convient également de préciser que mes nombreuses entrevues avec les  journalistes de la presse nationale publique et privée et même étrangers  ont été l’occasion de réaffirmer la position claire de l’Etat en vue  d’assurer l’appui et les garanties professionnelles nécessaires pour  promouvoir davantage la performance de toute la presse algérienne, sans  exclusive. Un tel appui est à même de consolider les droits garantis aux journalistes  lors de l’accomplissement de leur mission d’information sous la bannière de  la loi, dans le strict respect des valeurs morales et de l’éthique  professionnelle ainsi que des droits et libertés, loin des discours de  division, de discrimination ou de haine. De surcroit, des mercenaires et des traitres transforment des sites  électroniques en terreau fertile pour la diffusion de tels discours et de  toutes les campagnes acharnées visant à semer la discorde et à saper le  moral des citoyens. Dieu merci, de vaillants hommes s’y sont opposés  férocement au sein de ces mêmes sites et ont contré tous les plans  diaboliques ourdis contre notre pays. Que les ennemis et détracteurs de tous bords sachent que l’Algérie est  protégée par Dieu et son peuple est déterminé à prouver sa loyauté au  serment des chouhada et à assurer l’avenir des prochaines générations par  le savoir, le travail et l’unité des rangs. Telle est l’Algérie qui demeure debout grâce aux sacrifices de ses  vaillants enfants, en tête desquels les éléments de l’Armée Nationale  Populaire (ANP), bouclier protecteur de la Nation et rempart  infranchissable, qui a fait échouer, avec brio et un haut  professionnalisme, toutes les tentatives ennemies et manœuvres occultes  ciblant notre chère patrie. Nous ne devons pas perdre de vue, alors que notre pays se rétablit  progressivement de la pandémie du nouveau Coronavirus, les sacrifices  consentis par les membres du corps médical et paramédical qui ont combattu  la pandémie avec courage et dévouement, forts de l’appui de l’Etat, de la  contribution de la société civile et de l’accompagnement de la famille de  la presse nationale. Tout en valorisant hautement les sacrifices de l’ensemble des modèles  positifs et des capacités constructives, nous aspirons toujours à gagner,  prochainement, le pari de la numérisation, en cautionnant tout effort  déployé avec dévouement pour l’édification de l’Algérie nouvelle forte de  ses institutions.           En conclusion, je tiens à féliciter les lauréats et lauréates du prix du  Président de la République du journaliste professionnel, organisé  annuellement à l’occasion de la Journée nationale de la presse et à  réitérer mon soutien et mes salutations à tous les journalistes, en leur  formulant mes souhaits de bonheur et de réussite. Je ne puis manquer l’occasion, à la veille de la célébration du Mawlid  Ennabaoui Echarif, de présenter au peuple algérien et à l’ensemble des  musulmans mes meilleurs vœux.