A l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’artiste, le Théâtre national algérien a accueilli, vendredi dernier, la cérémonie de remise de la médaille d’excellence de la culture « El Kamal Ethakafi » à la chanteuse Nouara et, à titre posthume, à la grande dame du théâtre Sonia et au réalisateur Farouk Belloufa, ainsi que la remise du Prix Ali-Maâchi du président de la République à vingt-trois jeunes lauréats distingués dans huit catégories artistiques.

La cérémonie de remise des prix, organisée au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi, vendredi dernier, date coïncidant avec la Journée nationale de l’artiste, s’est déroulée en présence du ministre de la Culture et des responsables de structures chargées de la protection des artistes, à l’image de l’ONDA ou du Cnal, ainsi que de nombreux artistes et les familles de personnalités disparues.
La célébration de cette journée a ainsi été l’occasion de rendre hommage à trois personnalités marquantes de la scène algérienne, lors de la remise de la médaille d’excellence de la culture « El Kamal Ethakafi » à la chanteuse Nouara et, a titre posthume à la grande dame de théâtre Sonia ainsi qu’au réalisateur Farouk Beloufa récemment disparus.
Invitée à recevoir sa médaille, la chanteuse Nouara a entonné, à la demande du public, qui l’a longuement ovationnée, un petit extrait d’une de ses chansons. Se disant très contente de cette distinction, elle a estimé que grâce aux médias, « les artistes ne meurent plus en silence».
La fille de la défunte Sonia, l’artiste Samia Amziane, accompagnée de sa famille, a reçu des mains de Azzedine Mihoubi la médaille décernée à sa mère, décédée le 13 mai dernier à l’âge de 65 ans. La médaille du défunt Farouk Belloufa, décédé le 9 avril dernier à Paris à l’âge de 71 ans, a été remise à son frère. La cérémonie a été marquée par la diffusion de trois courts métrages sur la vie des trois artistes honorés, réalisés par Ali Aïssaoui. Par ailleurs, saluant l’œuvre laissée par les trois artistes qui ont marqué le paysage et la mémoire culturell algérienne, le ministre a affirmé que le Prix Ali-Maâchi du président de la République pour les jeunes créateurs s’inscrit dans la cadre de l’encouragement des jeunes talents. Distinction qui avait été créée en 2006 par décret présidentiel. Le « prix Ali-Maâchi », qui récompense le travail des jeunes artistes et créateurs dans des domaines aussi variés que la littérature, la danse, la musique ou encore les arts graphiques, a été décerné à vingt-trois artistes issus des différentes régions du pays, âgés de moins de 35 ans. Dans la catégorie roman, les trois lauréats distingués sont Abdelmoumène Ouarghi, Ould Abdellah Abdellatif et Sidi Othmane Nedjm Eddine. Dans la catégorie poésie, le prix a été décerné à Issaam Benchallal, Riadh Bouhdjila et Chems Eddine, tandis que dans la catégorie musique, les lauréats sont Mounia El Amri, suivie de Mahdi Abdellah et Mohamed Belahouadjeb. Dans la catégorie arts chorégraphiques, le premier prix est revenu à Mohamed Ali Djerman, le deuxième à Nassim Ayad et le troisième à Meftah Youcef. Le prix des arts cinématographiques et audiovisuels a été décerné à Mustapha Zaoui et le deuxième à Abdellatif Alliane. Dans la catégorie, œuvre dramatique théâtrale, le premier prix est revenu à Kenza Benboussaha, le deuxième à Souad Djenati Bousahla et le troisième à Zouhir El Kermairi. Le prix des arts plastiques a, quant à lui, été remis à Yasmina Boukahri, à Ayoub Rakh et à Mouataz Billah Djilali Serbis. La cérémonie aura également été l’occasion pour le ministre de la Culture de revenir sur les acquis des artistes et sur leur rôle dans la société. Azzedine Mihoubi, rendant notamment hommage dans son allocution aux artistes victimes du terrorisme et aux personnalités disparues ces dernières années, dont tout récemment Marcel Bois, souligne que les artistes, « une minorité de personnes dans chaque société », avaient « la responsabilité de diffuser les valeurs de paix ». Affirmant que «l’Algérie a énormément donné pour la concrétisation de ses valeurs de paix ». Il a rappelé à ce sujet que l’Algérie avait proposé et obtenu aux Nations unies que le 16 mai soit célébré dans le monde comme la journée « du vivre-ensemble ».
Quant à la situation présente des artistes et la reconnaissance de leurs rôle et profession, Azzedine Mihoubi a annoncé que des journées dédiées aux artistes Sonia et Farouk Beloufa seraient prochainement organisées. Il a également annoncé au cours de son allocution que des rencontres en vue de l’élaboration de la loi sur l’artiste seraient organisées avant la fin de l’année.
Le ministre, en appelant les présents à faire connaître à ses services les situations d’artistes en difficultés, a affirmé que «ses services sont à l’écoute des intellectuels et des artistes ». Il a appelé les artistes et leurs familles à se rapprocher de son département « en cas de besoin d’aide, quelle qu’elle soit ». Il a ainsi précisé qu’il avait été fait en sorte que l’ONDA permette à une centaine d’artistes de bénéficier de leur retraite en assurant le payement de leurs cotisations manquantes.