La célébration de la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail intervient dans un contexte bien particulier dominé, comme l’année dernière, par la pandémie du nouveau coronavirus. C’est pourquoi le thème choisi cette année est «Anticiper, se préparer et répondre aux crises : investir maintenant dans des systèmes de SST résilients».

PAR INES DALI
«L’Algérie n’entend pas considérer cette journée comme une simple célébration, mais veut en faire une occasion pour renforcer les acquis en matière de santé et sécurité sur les lieux de travail», a déclaré, hier, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, El Hachemi Djaâboub, lors de cette Journée célébrée au siège du ministère en présence du représentant de l’Organisation internationale du travail (OIT) à Alger, du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), du ministre de la Santé et d’organisations syndicales.
Le ministre considère que cette Journée revêt «un cachet particulier en raison de la pandémie de Covid-19 et les conditions sanitaires difficiles» dans lesquelles elle intervient, ce qui «nous impose à tous de poursuivre nos efforts, chacun dans son domaine», a-t-il souligné, avant de révéler que plusieurs actions ont été menées par son département ministériel et des entreprises qui lui sont affiliées au niveau de plusieurs lieux de travail, et ce, afin veiller à la sécurité et à la santé des travailleurs, ce qui est «un droit garanti par la Constitution». «La stratégie de prévention tracée par le pays en matière de santé verse également dans ce sens, à savoir le droit à la sécurité sur le lieu du travail», a-t-il ajouté.
Les employeurs «se doivent également d’être fortement impliqués dans la sécurité de leurs employés en adoptant une gestion des risques professionnels adéquate». La mise en place de plans d’urgence, de mesures préventives et de protection ainsi que les protocoles sanitaires, la distanciation physique, l’hygiène et la désinfection de tous les lieux de travail figurent aussi parmi les différentes mesures devant être appliqués par les employeurs au profit de leurs employés, et ce, quel que soit le type d’activité ou le statut de l’entreprise, selon le ministre.
Afin de prêter main forte aux entreprises sans expérience dans ce domaine, le ministère du Travail n’est pas resté passif durant la période de crise sanitaire, mais s’en est allée sur le terrain de la sensibilisation et autres actions afin d’enseigner aux entreprises et aux travailleurs comment se prémunir du risque de contamination au coronavirus. Ses équipes ont, ainsi, «effectué et intensifié les sessions de formation et les conférences afin de faire prendre conscience des risques et donner les recommandations d’usage». Des journées d’information ont également été organisées au profit des travailleurs de nombreuses structures, selon M. Djaâboub qui a donné, par la suite, un bref aperçu sur le bilan réalisé. Il a donc fait savoir que «durant l’année 2020, ce sont pas moins de 1718 journées d’information qui ont été organisées». Ces journées d’information ont été dispensées «au profit de 111.109 participants, dont des employeurs, des travailleurs, des syndicalistes et autres». Par ailleurs, un guide électronique sur les risques du coronavirus en milieu du travail a été conçu. Le ministre du Travail a rappelé les mesures prises en matière de réduction des charges et fiscalité pour alléger le fardeau des entreprises qui rencontraient des problèmes financiers en période de coronavirus.
Hommage aux travailleurs de la santé
De son côté, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a tenu à rendre un «hommage aux travailleurs du secteur de la santé» qui ont fait preuve d’abnégation durant toute cette période de crise sanitaire sans précédent. Pour lui, cette Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail est une occasion pour «inculquer la culture de la prévention» et rappeler «les engagements du développement durable pour un environnement professionnel sain», notamment en cette période de coronavirus et c’est, selon lui, ce qu’accomplissent les travailleurs de la santé en prodiguant les recommandations nécessaires, en aidant à la mise en place des protocoles sanitaires, au dépistage des malades Covid, à la vaccination…
Dans le cadre du renforcement de la santé publique, le Pr Benbouzid a indiqué qu’une convention-cadre dans la médecine du travail a été signée au profit de travailleurs de nombreux secteurs, dont ceux de l’Education nationale, de l’Energie, des Mines et des Collectivités locales. A la fin de son intervention dans laquelle il est revenu sur ce qui a été réalisé durant la pandémie, mais également en matière de santé d’une façon générale, le ministre a tenu à réitérer sa «reconnaissance aux personnels de la santé qui sont restés aux premiers rangs dans le combat contre la maladie de Covid-19 et dont beaucoup y ont même laissé la vie». Dans ce registre, l’Organisation internationale du travail (OIT) a indiqué que le coronavirus a tué 7000 soignants et menace 136 millions de travailleurs du secteur de la santé. Il convient de noter que les représentants de l’OMS et de l’OIT ont pris à leur tour la parole, mettant en exergue les efforts fournis et qui restent à fournir par les gouvernements en matière de santé et de sécurité au travail. <