La célébration de la Journée mondiale pour la liberté de la presse a été marquée, hier, 3 mai, par un rassemblement de solidarité avec le journaliste, Rabah Karèche, correspondant de Liberté à Tamanrasset, en prison depuis quinze jours.

PAR NAZIM BRAHIMI
Le rassemblement organisé au niveau de la place de la Liberté de presse, sur la rue Hassiba-Ben Bouali, n’a pas drainé beaucoup de monde parmi les journalistes, à la grande déception des présents qui pointent «un manque de solidarité au sein d’une corporation en crise».
Cela étant, les dizaines de journalistes se sont rassemblés pendant une heure pour exiger la libération de leur confrère Karèche qui exerçait dans la lointaine Tamanrasset. Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles étaient notamment écrit «libérez la presse», «libérez Karèche», «la liberté de la presse n’est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens».
Venu apporter son soutien au journaliste et à la corporation, l’ancien député du Parti des travailleurs (PT), Ramdane Taazibt, a mis en évidence le principe selon lequel «il n’y a pas de démocratie sans liberté de presse, sans multipartisme et respect de toutes les libertés». Il a plaidé, par la même occasion, «la liberté d’organisation, de manifestation, d’opinion».
Le rassemblement a été suivi par une conférence de presse animée par des avocats, membres du Collectif de défense du journaliste incarcéré, Maîtres Mostefa Bouchachi, Abdelghani Badi et Amirouche Bakouri. Ces derniers ont indiqué, à cette occasion, que le journaliste Rabah Karèche, emprisonné depuis le 19 avril à Tamanrasset, sera auditionné aujourd’hui (4 mai) par le juge d’instruction.

Karèche auditionné aujourd’hui
S’exprimant sur la liberté de la presse en Algérie dans cette conjoncture, le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) a souligné, dans un communiqué, que le métier «connaît un recul et une dégradation inédite». «Le régime accentue la répression des journalistes et de la presse libre, des journalistes emprisonnés et poursuivis en justice, d’autres licenciés, des médias en ligne censurés, des médias indépendants harcelés, des médias publics sans services publics», a déploré RAJ. «En cette journée mondiale de la presse, le RAJ rend un grand hommage et exprime sa solidarité et son soutien indéfectible à tous les journalistes qui se battent pour la liberté de la presse, pierre angulaire de la démocratie», a noté la même association.
Cette dernière interpelle «le pouvoir sur les atteintes répétées aux libertés individuelles et collectives des Algériens et exige l’arrêt des harcèlements et des poursuites judiciaires contre les journalistes et médias libres et l’ouverture du champ politique et médiatique».
Pour sa part, la LADDH a indiqué, dans un communiqué signé par son vice-président, Saïd Salhi, «malgré l’abrogation du délit de presse, des journalistes sont poursuivis en justice et se retrouvent encore en prison». La LADDH cite, dans ce sens, Rabah Karèche, journaliste à Liberté dans la wilaya de Tamanrasset, est en détention depuis quelques jours déjà, d’autres sont sous contrôle judiciaire ou en liberté provisoire. Il s’agit de Saïd Boudour et Djamila Loukil à Oran».
Tout en «renouvelant sa pleine solidarité avec les journalistes, la LADDH dit réitérer sa «demande pressante de la libération du journaliste Rabah Karèche et l’abandon des poursuites contre Saïd Boudour et Djamila Loukil».
A noter que les deux actions organisées hier, à savoir le rassemblement de soutien au journaliste et la conférence animée par ses avocats ont débouché sur la prochaine création d’un comité de soutien au confrère emprisonné. n