Par Nadir Kadi
A l’occasion de la journée mondiale du diabète, intitulée cette année «100 ans après la découverte de l’insuline», le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid a fait savoir que son secteur a lancé une campagne de sensibilisation jumelée avec l’effort de vaccination anti-Covid-19. Le responsable, qui explique que le cœur de cette action reste la sensibilisation et la mise à disposition de moyens de suivi de la maladie, a par ailleurs insisté sur le «double risque» que représente la contamination d’une personne diabétique par la Covid. Les risques de complications sont ainsi plus importants, la «situation» causée par la Covid pourrait ainsi «aggraver et complexifier le sort des diabétiques en Algérie».
Pour rappel, le diabète touche, selon les données de l’OMS, pas moins de 521 millions de personnes dans le monde, avec une «prévision» pessimiste à 622 millions de diabétiques en 2030. Et l’Algérie ne fait pas exception, les derniers chiffres font état de 2,8 millions personnes souffrant de diabète, soit 14,4% des plus de 18 ans et un quart des personnes de plus de 75 ans.
En ce sens, face au diabète, le ministre de la Santé, tout en saluant les anciennes avancées de la médecine et rappelant que le traitement à «l’insuline a été une révolution dans la prise en charge du diabète (…) étant la cause de handicaps graves et de mort prématurée» a, par ailleurs, expliqué que la prise en charge et la «vie avec la maladie» avaient encore de larges possibilités d’amélioration. Ainsi les principaux axes de travail du secteur de la santé devraient être des actions de sensibilisation «sur le rôle du mode de vie sur la santé et tout particulièrement sur le diabète». Allusion claire à la banalisation de la mauvaise alimentation, d’autant que Abderrahmane Benbouzid ajoute plus loin que son ministère travaillera à «renforcer les mesures à même d’encadrer les facteurs de risques et tout particulièrement l’alimentation». Il faut, selon le responsable, promouvoir des «comportements qui contribuent à limiter le diabète et renforcer l’immunité».
Déclarations du ministre qui sont, cependant, restées très générales, le plan de lutte contre le diabète devrait toutefois faciliter le dépistage et le suivi de la maladie chez les personnes à risque : «Cette année, la campagne vise à renforcer les mesures coordonnées et unifiées pour lutter contre le diabète (…) J’attire l’attention sur la nécessité de permettre à tout le monde l’acquisition de connaissances permettant une gestion personnelle de la maladie et le renforcement de la capacité à s’en prémunir.»
Le ministre fait savoir que l’Algérie travaille sur la question du diabète mais également de la Covid, en collaboration avec l’OMS : «L’OMS nous assiste énormément et plusieurs programmes sont faits en collaboration avec l’organisation», ajoute-t-il dans la même logique. «Il est important de renforcer le contrôle par soi-même du taux de sucre dans le sang (…) et de consulter un médecin dans les plus brefs délais» pour une prise en charge précoce du diabète.
Célébration de la Journée mondiale du diabète, qui intervient cette année encore dans le contexte de la pandémie de la Covid-19, le ministre a de nouveau appelé, hier, à la vaccination qui serait «le meilleur moyen de se protéger et de protéger autrui. C’est ce que je ne cesse de répéter», tout en alertant sur une possible aggravation de la situation sanitaire : «Nous avons réussi à dépasser la pandémie de la Covid-19 au cours des précédentes vagues, il faut se préparer à une probable quatrième vague au regard de ce qui se passe dans le monde.»
Et dans cette logique, le ministre de la Santé a fait un lien de cause à effet entre la Covid-19 et le diabète : «Il a été enregistré au niveau des hôpitaux un fort taux de diabétiques de type 2 contaminés à la Covid-19. La vaccination reste le meilleur moyen pour se prémunir de la multiplication de la pandémie sur les diabétiques et tous les porteurs de maladies chroniques.» Abderrahmane Benbouzid n’a toutefois pas donné de chiffre ou de détails sur les malades doublement atteints, d’autant que la Covid et le diabète touchent en priorité des tranches d’âges similaires. <