PAR MILINA KOUACI
Les enseignants ont célébré hier leur Journée internationale, qui coïncide avec le 5 octobre de chaque année, dans un contexte de « malaise social et d’appels à l’amélioration du pouvoir d’achat ». Nombre de syndicats ont dénoncé l’érosion du pouvoir d’achat et réclamé une revalorisation des salaires et des indemnités des secteurs pour améliorer leur situation sociale.
La situation sociale des enseignants ne diffère pas de celle de l’ensemble des travailleurs de la Fonction publique marquée par l’érosion du pouvoir d’achat. Les syndicats du corps enseignant demandent depuis le lancement de l’actuelle année scolaire d’améliorer la situation socioprofessionnelle des enseignants, car elle impacte leurs « rendement et menace la stabilité du secteur ».
Le partenaire social appelle la tutelle depuis le début de l’année scolaire de remédier à la situation socioprofessionnelle, notamment, avec l’augmentation des salaires et la revalorisation des primes et indemnités de manière à rééquilibrer le pouvoir d’achat. Ils demandent d’accélérer la révision du décret des primes et indemnités ainsi que la mise en place de nouvelles primes pour les enseignants afin d’améliorer leur pouvoir d’achat.
Les syndicats de l’éducation militent également au sein de la Confédération des syndicats algériens (CSA), qui regroupe plusieurs secteurs de la Fonction publique. La CSA exige d’améliorer le pouvoir d’achat à travers le relèvement du point indiciaire actuellement de 45 DA à 100 DA, la création d’un Observatoire national du pouvoir d’achat, la revalorisation des primes et l’actualisation de la prime de zone sur la base du régime de rémunération de 1989.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé dernièrement, la revalorisation des salaires des enseignants dès janvier 2023 et a instruit le gouvernement de s’atteler à la révision des salaires des enseignants et d’entrer en contact avec leurs représentants pour réviser les statuts.
Suite à cette annonce, le coordinateur de la CSA Boualem Amoura a demandé une revalorisation salariale conséquente de tous les fonctionnaires de la Fonction publique et non en deçà des attentes comme celle d’avril dernier, où l’indice minimal a été augmenté de 50 points. Il était, selon le partenaire social, « dérisoire et sans incidence sur le pouvoir d’achat des travailleurs ».
Le message du président de
la République
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a félicité les enseignants à l’occasion de leur Journée internationale, réitérant son engagement à les soutenir. « Mes félicitations aux enseignants à l’occasion de votre journée internationale », a écrit le président. « Nous réitérons notre engagement permanent à vous soutenir et notre grand espoir en vous pour un enseignement développé et moderne », a ajouté le président de la République.
Grève des enseignants du cycle primaire aujourd’hui
Les enseignants du cycle primaire observent, aujourd’hui, une grève nationale qui sera ponctuée par des sit-in de protestation à l’intérieur des établissements scolaires. L’Union nationale des professeurs de l’enseignement primaire (Unpep) en cours de constitution, a, en effet, lancé un appel aux enseignants pour participer massivement à ce mouvement de grève.
L’objectif est d’exprimer leur attachement à leur plateforme de revendications et de rappeler à la tutelle ses engagements de 2019. Cette organisation syndicale reproche, en effet, au département de Belabed de ne pas concrétiser ses engagements sur le terrain comme la « réforme du cycle primaire » et l’application du Décret présidentiel 266/14 dans un délai ne dépassant pas le 31 mars 2020.
Les enseignants exigent en particulier, l’application immédiate du Décret présidentiel 266-14, fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires, avec effet rétroactif, rétablir la retraite sans condition d’âge, la réduction du volume horaire ainsi que la modification du statut particulier de l’enseignant de manière à le reclasser au même grade de base que l’enseignant du lycée et du cycle moyen.
Les enseignants célèbrent, en effet, le troisième anniversaire d’un mouvement de grève surprise déclenché le 6 octobre 2019 pour revendiquer de meilleures conditions socioprofessionnelles. n