Il y a nécessité et urgence de se doter d’un registre national des personnes atteintes de sclérose en plaques. C’est l’appel lancé par des spécialistes à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la sclérose en plaques célébrée chaque 30 mai. Deux journées d’études ont été organisées, les 29 et 30 mai, à Alger et à Oran respectivement avec pour objectif de sensibiliser et d’expliquer au grand public cette pathologie dont le diagnostic est extrêmement difficile.

Par Leila ZAIMI
Le monde a célébré avant-hier, 30 mai, la Journée mondiale de la sclérose en plaques. 3 millions est le nombre de personnes atteintes de cette maladie à l’échelle mondiale. En Algérie, et selon des statistiques officielles, la population atteinte de cette pathologie varie entre 15 000 et 17 000.
Les mêmes statistiques indiquent que 1 200 nouveaux cas sont détectés chaque année. Comme beaucoup d’autres maladies, les femmes sont les plus touchées. Nous avons deux fois plus de femmes que d’hommes. Selon les spécialistes de la sclérose en plaque, l’Algérie enregistre de plus en plus de cas chaque année. La tranche d’âge est de 20 à 40 ans. Les praticiens médicaux ont appelé, en chaque occasion, à la mise en place d’un registre national des malades atteints de sclérose en plaques. Ils souhaitent également l’acquisition de nouvelles molécules particulièrement pour la forme progressive de la sclérose en plaques où le malade est laissé sans aucun traitement pouvant alléger sa souffrance au moment où nos voisins ont eu ce droit il y a quelques années. Il est important également de mettre en place des salles de rééducation publiques et répondre à la demande forte. Un déficit est enregistré dans les lieux de récupération des malades, ainsi que la prise en charge sociale. « Le malade atteint de sclérose en plaques doit être pris en charge et remboursé à 100%. Malheureusement, ce n’est généralement pas le cas en Algérie », déclare Lamia Ali Bacha, chef de service de neurologie au CHU Mustapha-Bacha, il y a quelques jours dans une formation au profit des journalistes. Les spécialistes de cette pathologie se plaignent du manque d’études épidémiologiques. Ils disent également que les essais cliniques se font très rares. Les neurologues appellent à la formation des médecins généralistes en la matière.
En Algérie, la prévalence moyenne est la forme agressive, selon les déclarations des praticiens, qui n’arrivent pas à comprendre pourquoi la maladie est plus présente dans des régions alors qu’elle est inexistante dans d’autres. Pourquoi, elle n’existe pas dans le sud algérien ? Ou encore, pourquoi, nous enregistrons plus de 1 000 cas chaque année alors que nous vivons dans un pays ensoleillé ?
Pour ceux qui ne connaissent pas la sclérose en plaques ou (SEP) ou Multi scléroses (MS), c’est une maladie chronique, auto immune qui touche le système nerveux central (le cerveau et la moelle épinière). Un dérèglement pousse les cellules du système immunitaire (les lymphocytes) à attaquer les neurones et ainsi abimer la graine de myéline protégeant les fibres nerveuses, ce qui empêche la transmission des influx nerveux et se manifeste par des symptômes très variables », ont expliqué des spécialistes à l’occasion de cette célébration. Les spécialistes ont déroulé une liste de symptômes, comme la fatigue, la perte d’équilibre, les troubles de la marche, tremblement, vertige, douleurs chroniques, spasticité, fourmillement, problème de concentration, déprime, trouble de la vue.