La Journée mondiale de lutte contre le sida, aujourd’hui 1er décembre, intervient cette année dans un contexte sanitaire devenu mondialement problématique depuis que la pandémie de la Covid-19 s’est déclarée partout, mobilisant les gouvernements et les organisations internationales sans compter les collectifs associatifs engagés. Une situation qui inquiète les Nations unies et son programme commun sur le VIH/sida (Onusida).

«Nous assistons à un ralentissement des progrès en matière de réduction des nouvelles infections au VIH, d’amélioration de l’accès au traitement et d’élimination de la mortalité liée à des maladies opportunistes», prévient Onusida sur son site. Les responsables du programme s’alarment que la pandémie de la Covid-19 n’ait des effets négatifs sur la prévention contre le sida et la prise en charge des personnes séropositives.
En Algérie, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière parle de «défi opérationnel». La mise en œuvre du Plan national stratégique (PNS) IST/VIH/sida, pour la période 2020-24, s’apparente cette année à un «défi opérationnel» pour notre pays, souligne-t-il dans une note publiée hier. Une journée d’information est prévue aujourd’hui, mardi, ainsi que des actions à l’échelle nationale sous le thème «Pendant la Covid-19, assurer les soins et le traitement du VIH est la responsabilité de tous». L’objectif est de rappeler qu’«un défi d’une telle ampleur ne peut être surmonté qu’en instaurant une solidarité mondiale, en acceptant notre responsabilité partagée et en mobilisant une riposte qui n’oublie personne».
Dans sa note, le ministère de la Santé rappelle que «dès le début de l’épidémie de l’infection VIH/sida, l’Algérie s’est investie dans la riposte de façon volontariste et déterminée, à travers un engagement politique, régulièrement réaffirmé et traduit par un financement conséquent». Un financement, est-il ajouté, qui «garantit à titre gratuit et universel toutes les prestations médicales, y compris le traitement antirétroviral (ARV) pour tous, ainsi qu’une approche participative et multisectorielle impliquant les acteurs gouvernementaux, la société civile et les partenaires au développement».
Pour rappel, l’Algérie s’est dotée d’un nouveau PNS, le 5e du genre, et développé depuis 2002 dans le cadre du processus de planification stratégique axé sur les résultats préconisés par Onusida. Ce Plan, est-il rappelé, se veut être «la traduction de tous les engagements auxquels l’Algérie a souscrit, notamment, la Déclaration d’Alger sur l’accélération du dépistage du VIH au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ainsi que la stratégie Onusida visant à mettre fin à l’épidémie du sida, d’ici 2030, à travers l’objectif intermédiaire des cibles 90 90 90».
Dans notre pays, 32 000 personnes, dont 31 000 sont âgées de 15 ans et plus, vivent avec le VIH selon un recensement arrêté à fin juin 2020. Dans le monde, ils sont près de 40 millions de personnes à en être affectées. <