La maladie a fait 15 morts en 2019, selon le responsable du programme zoonoses au ministère de la Santé.
C’est aujourd’hui, 28 septembre, qu’est célébrée la Journée mondiale de lutte contre la rage, une maladie qui fait encore quelques 60 000 victimes dans le monde chaque année, mais qui peut être éliminée d’ici à l’horizon 2030, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’éducation et la vaccination des communautés les plus vulnérables sont des outils essentiels pour venir à bout de la rage, selon l’OMS, qui a lancé cette année un appel avec la FAO et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) pour davantage de sensibilisation contre cette maladie mortelle qui frappe les enfants essentiellement.
Dans une récente estimation, l’Organisation mondiale de la santé indique qu’environ 90% des décès provoqués par la rage se produisent chez des enfants dans des zones rurales dans plus d’une centaine de pays en Afrique et en Asie. L’OMS rappelle qu’un nettoyage immédiat de la plaie à l’eau et au savon après une morsure par un animal suspect et qu’une vaccination antirabique avant et après les morsures représentent des moyens efficaces de prévenir l’infection et de sauver la vie.
L’organisation considère que l’élimination mondiale de la maladie est possible grâce à une vaccination de masse des chiens, qui transmettent 95% des cas de rage à l’homme même si d’autres animaux sauvages ou domestiques comme le chat peuvent en être responsables.
En Algérie, la rage tue encore, 15 décès en 2019, selon le responsable du programme zoonoses au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Interrogé hier par l’APS, le docteur Ali Trad affirme, en effet, que quelque 900 personnes ont été touchées, parmi elles 15 ayant perdu la vie.
«En Algérie, la rage animale sévit à l’état enzootique avec une moyenne de 900 cas enregistrés chaque année, dont 15 décès, majoritairement des enfants de moins de 14 ans», a précisé ce spécialiste. Il a fait savoir que les cas de rage recensés durant les années 2018 et 2019 ont concerné les régions de Médéa, Aïn Defla, Biskra, Oran, Skikda, El-Bayedh, Tissemssilt, Tiaret, Mostaganem, Khenchela, M’sila, Béjaïa, Alger, Aïn Témouchent, Tipasa, Annaba, Ghardaïa et El-Oued».
La Journée mondiale de lutte contre la rage, célébrée cette année sous le thème «Finissons-en avec la rage : collaborons et vaccinons», vise à sensibiliser aux mesures cruciales que les communautés peuvent prendre pour la prévention de la rage et l’élimination, d’ici à 2030, de tous les décès humains dus à cette maladie transmise
par les chiens, a souligné pour l’APS le docteur Trad.
La vaccination des chiens reste la «stratégie la plus efficace» pour éviter cette maladie chez l’homme, a-t-il soutenu, ajoutant que «la vaccination des chiens permet de réduire le nombre de décès imputables à la rage mais aussi le besoin d’une prophylaxie post exposition dans le cadre des soins aux patients mordus par des chiens». «L’optimisation des connaissances de la population en matière de prévention et de lutte contre la rage signifie également informer sur les responsabilités des propriétaires d’animaux de compagnie et sur les soins à dispenser immédiatement après une morsure», a-t-il ajouté.
L’élimination de la rage exige, selon le même responsable, une implication cohérente et durable, adossée à des actions bien réfléchies et pérennes de gestion de la santé humaine et animale, avec bien entendu l’étroite collaboration des différents secteurs de la Santé, l’Agriculture, l’Intérieur, l’Environnement, la Communication, le but étant de ramener à zéro le nombre des décès humains dus à la rage d’ici une dizaine d’années.