A l’occasion de la Journée mondiale de l’Océan, le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a lancé une nouvelle mise en garde sur la nécessité de préserver ce patrimoine exceptionnel et vital pour notre vie sur Terre qu’est l’océan et les mers de manière générale.

Synthèse de Selma Allane
Ces espaces marins subissent, aujourd’hui, la forte pression des industries et des pollutions de toutes sortes et voient leurs richesses animales et végétales menacées de disparition. Des écosystèmes en danger qu’il s’agit de protéger en limitant les émissions de carbone et en oeuvrant à la généralisation des pratiques économiques non polluantes. Dans son message, le chef de l’ONU rappelle que l’Organisation météorologique mondiale a annoncé que quatre indicateurs clés sur le climat avaient battu de nouveaux records en 2021 : «l’élévation du niveau de la mer, le réchauffement de l’océan, l’acidification de l’océan et les concentrations de gaz à effet de serre». «Il est clair que la triple crise liée aux changements climatiques, à la perte de biodiversité et à la pollution menace la santé de nos océans, dont, en fin de compte, nous dépendons toutes et tous», constate M. Guterres. Il rappelle que «l’océan produit plus de 50 % de l’oxygène de la planète et constitue la principale source de subsistance pour plus d’un milliard de personnes» et que «l’économie bleue emploie quelque 40 millions de personnes» dans le monde. Or, les ressources et la biodiversité océaniques sont mises à mal par les activités humaines, prévient-il. «Plus d’un tiers des stocks de poissons dans le monde sont exploités à des niveaux biologiquement non viables. Une proportion importante des récifs de corail a été détruite. La pollution plastique atteint les îles les plus reculées et les fosses océaniques les plus profondes. Les zones côtières qui meurent à cause de la pollution terrestre sont de plus en plus nombreuses». Que faire ? Pour le Secrétaire général des Nations unies,» il est temps de prendre conscience que, pour atteindre les objectifs de développement durable et les objectifs de l’Accord de Paris sur les changements climatiques (COP 21), il faut agir d’urgence, collectivement, à la revitalisation de l’océan». Cela signifie, explique-t-il, «qu’il faut trouver un nouvel équilibre dans notre relation avec le milieu marin. Cela signifie aussi qu’il faut travailler avec la nature et non contre elle, et établir des partenariats inclusifs et diversifiés entre les régions, les secteurs et les communautés afin de collaborer de manière créative et trouver des solutions pour les océans». Pour M. Guterres, «cette dynamique est en marche». «En novembre dernier, la conférence de Glasgow sur les changements climatiques a pris acte du rôle joué par les écosystèmes marins dans la réalisation des objectifs climatiques mondiaux. En mars, des pays sont convenus d’unir leurs efforts pour élaborer un nouveau traité visant à mettre fin à la pollution plastique, qui menace le milieu marin», indique-t-il. La prochaine Conférence des Nations unies sur les océans se tiendra fin juin à Lisbonne. Elle sera consacrée «à l’intensification des mesures fondées sur la science et l’innovation en vue de la réalisation de l’objectif de développement durable no 14. Et les échanges se poursuivront concernant un nouvel accord sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale», rappelle M. Guterres qui invite «celles et tous ceux qui sont concernés par la santé des océans à se mobiliser pour revitaliser nos mers et nos océans». <