A l’instar des autres pays de la planète, l’Algérie célèbre aujourd’hui, 7 avril, la Journée mondiale de la Santé, coïncidant cette année avec le 70e anniversaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière saisit cette occasion pour lancer un appel aux dirigeants mondiaux qu’elle exhorte à prendre « des mesures concrètes pour améliorer la santé de tous ».

Dans ce sens, l’OMS insiste à ce que les citoyens, dans tous les pays du monde, aient accès à des services de santé « essentiels, de qualité, sans subir de difficultés financières ». D’où le thème générique «Couverture sanitaire universelle : pour tous et partout » qui escorte la démarche de l’organisation.
Dans le cas précis de l’Algérie, beaucoup d’efforts ont incontestablement été consentis par les pouvoirs publics au profit de la couverture sanitaire, afin d’en faire une réalité accessible à l’ensemble de la population, et à travers le territoire national. Une démarche que met de nouveau en évidence le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière à l’occasion de cette Journée mondiale de la Santé, en rappelant que la médecine pour tous a pu se construire une cartographie d’étendue nationale en se laissant escorter par la gratuité des soins dans les structures de santé publique instituée depuis 1974, alors que le principe de la garantie de « l’accès aux soins » a été intégré dans la Constitution de 1976 pour devenir « droit fondamental consacré » un « déterminant majeur du développement social, économique et individuel ».a Partant de ce principe, l’Etat algérien a mis les moyens pour que les stratégies et les politiques de santé publique adoptées depuis la Constitution de 1976 puissent être axées sur « la prévention, le développement des infrastructures et des équipements de santé, la formation des ressources humaines qualifiées, la disponibilité du médicament », souligne le ministère, non sans reconnaître l’existence toujours d’« insuffisances, notamment en matière d’accès aux soins pour l’ensemble de la population dans les zones enclavées, le manque de formation, de structures et de moyens même dans les régions du nord du pays et les problèmes survenus ces dernières années en matière de vaccins et de disponibilité du médicament ».
Toute cette panoplie d’insuffisances, qui pèsent sur le secteur et réduisent la portée des stratégies mises au service de la couverture sanitaire nationale, n’empêche pas pour autant les responsables de la tutelle de se réjouir des acquis du secteur. Sur ce registre, ces derniers citent l’augmentation de l’espérance de vie des Algériens, la baisse sensible de mortalité maternelle et infantile, ainsi que l’incidence des maladies transmissibles, dont certaines ont été «totalement éradiquées ».
Ceci dit, sur le terrain, les choses ne se passent pas toujours telles qu’elles sont perçues par les responsables. Certes, l’espérance de vie des Algériens est en augmentation, mais dans de nombreux cas, elle est aussi en nette baisse par manque de prise en charge adéquate et efficace. Les mortalités infantiles et maternelles sont en baisse, mais certains cas à travers le territoire national continuent à défrayer régulièrement la chronique et remettre en cause, elles aussi, leur prise en charge. Quant aux maladies transmissibles, elles sont aussi nombreuses à avoir été totalement éradiquées, mais certaines ne se gênent pas de faire leur retour et de montrer les carences en matière de prévention, à l’exemple de la rougeole, qui a fait plusieurs victimes ces derniers mois, notamment dans le Sud.
C’est dire qu’en dépit de moyens colossaux dont bénéficie le secteur de la santé depuis la décennie 1970, et dans une dynamique sans répit, la couverture sanitaire en Algérie peine à atteindre les standards universels. Autrement dit, si la quantité y est et s’exprime par l’entremise des soins offerts par les diverses structures compétentes dispatchées sur le territoire national, la qualité des prestations, gratuites et payantes confondues, demeure nettement en deçà des attentes des citoyens. Et quoi de plus symptomatique qu’une prise en charge sanitaire qui ne rassure pas les malades et que ce choix que portent de plus en plus d’Algériens pour des hôpitaux à l’étranger où, en plus de moyens adéquats, ils trouvent surtout un système à l’écoute de leurs maux.