Madame Ghada Waly, Directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) l’affirme haut et fort : «Chaque jour, dans tous les pays du monde, les trafiquants d’êtres humains exploitent des personnes à des fins lucratives.

Les pauvres et les vulnérables sont les plus à risque. Plus de 70% des victimes détectées de la traite sont des femmes et des filles, tandis que près d’un tiers sont des enfants.» Il est fort à craindre que «la Covid-19 a amplifié les dangers de la traite», indique-t-elle. En effet, «les pertes d’emplois, la pauvreté croissante, les fermetures d’écoles et l’augmentation des interactions en ligne augmentent les vulnérabilités et créent des opportunités pour les groupes criminels organisés.
La crise a submergé les services sociaux et publics et a eu un impact sur le travail des forces de l’ordre et du système de justice pénale. La crise a aussi rendu plus difficile pour les victimes la demande et l’accès à de l’aide». C’est pourquoi, cette année, le thème de la Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains met à l’honneur les intervenants de première ligne. «Les héros de première ligne, des femmes et des hommes risquant leur vie et se surpassant pour fournir un soutien essentiel aux victimes de la traite des êtres humains», renchérit Madame Waly, «les travailleurs sociaux, les inspecteurs du travail, les agents des forces de l’ordre et les procureurs, les travailleurs de la santé et le personnel des ONG qui identifient les victimes et les aident sur leur chemin vers la justice et dans la reconstruction de leurs vies». Faisant écho à ces propos, le Coordonnateur Résident du système des Nations unies en Algérie, Monsieur Eric Overvest, précise aussi le rôle fondamental et clé des acteurs de terrain ici en Algérie «qui participent, chacun dans leurs fonctions respectives, à assurer et garantir protection et assistance aux victimes de la traite».
Lors de la célébration conjointe organisée par le Comité national de prévention et de lutte contre la traite des personnes et le Bureau de programmes de l’ONUDC pour l’Algérie, le 28 juillet au CIC, Alger, Monsieur Overvest a ainsi rendu un hommage appuyé aux premiers intervenants, «ces femmes et ces hommes qui travaillent à identifier, soutenir, conseiller, accompagner, soigner les victimes et qui luttent contre l’impunité des trafiquants». Saluant les efforts de l’Algérie contre la traite, notamment ceux du Comité national et des services d’enquêtes et de poursuites, Monsieur Overvest a également alerté sur le fait qu’il faudra sûrement faire plus à l’avenir, «la crise mondiale Covid-19 aggrave les risques d’exploitation et de traite des êtres humains, notamment auprès des plus vulnérables». Dans ce contexte, il a rappelé que le Système des Nations unies en Algérie, et notamment l’ONUDC se tiennent «prêts à davantage appuyer et soutenir les partenaires algériens dans leurs efforts en mettant en œuvre des projets adaptés afin de renforcer les capacités sur la base des besoins et priorités nationales». n