A la veille de la célébration, chaque 3 mai, de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a considéré qu’il était temps de réviser la loi sur l’information, qui date de 2012, et de la mettre en adéquation avec les principaux amendements de la Constitution de 2016.

Le CNDH rappelle que cette dernière, à la faveur de son article 41 alinéa 2, a dépénalisé le délit de presse privatif de liberté, appelant à la promotion des médias et surtout à «organiser le secteur, notamment après l’installation de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav)». Mais c’est surtout l’Autorité de régulation de la presse écrite (ARPE) que le conseil veut voir installée. Jusque-là, cette autorité, gardienne de l’éthique et de la déontologie journalistiques de la presse écrite, n’a pas encore vu le jour malgré les annonces du ministre de la Communication, M. Kaouane, sur l’imminence de sa mise en place. Le CNDH appelle les autorités «à parachever les procédures de son installation», de même que pour le Conseil supérieur de l’éthique et de la déontologie de la profession de journaliste, pour s’adapter aux changements opérés dans la société et à la nature des mutations marquant le système universel en matière de communication et de médias. Le conseil appelle les médias à «l’ouverture, à la promotion des compétences et au renforcement des capacités, en plus de l’encouragement à investir dans la ressource humaine, susceptible de contribuer au rayonnement intellectuel et culturel et favoriser l’éveil des consciences en toute liberté». Le Conseil exhorte à permettre «l’accès du citoyen à une information juste et prendre connaissance de l’évolution et du développement de la société algérienne et de la nature des mutations enregistrées dans son environnement local, régional, voire international, et des enjeux présents et futurs». Un appel a également été lancé aux travailleurs et travailleuses du secteur pour «bannir la haine et la violence et respecter l’intimité et la dignité humaines, en œuvrant à diffuser la culture des droits de l’Homme, à consacrer les principes de paix et de tolérance, à reconnaître l’autre et à respecter les religions», et «à redoubler d’efforts pour faire face aux défis du siècle et contrecarrer les dangers induits par l’extrémisme, la violence et l’hégémonie intellectuelle, culturelle et médiatique, en œuvrant à promouvoir la performance médiatique pour atteindre le professionnalisme». Le Conseil a saisi l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse pour affirmer son attachement «à protéger, ancrer et approfondir le droit à la liberté d’expression et à renforcer les acquis de la presse algérienne, en préservant son caractère indépendant».
Un rappel qui intervient à l’ombre du récent rapport de RSF sur la liberté de la presse dans le monde, qui classe l’Algérie à la 134e  position sur 180.
Il n’en demeure pas moins que pour le Conseil, en conclusion, «la liberté de la presse est nécessaire et la justice offre les garanties juridiques nécessaires, en plus de protéger les journalistes contre tout dépassement».