Par Nadir Kadi
Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a dès hier marqué la journée du 3 Mai, « Journée mondiale de la liberté de la presse ». Le ministre, à travers une lettre adressée à l’ensemble de la corporation, a ainsi souligné que la « liberté de la presse » est aujourd’hui érigée en « principe immuable » par la Constitution portée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. Le ministre de la Communication, qui rappelle en ce sens que l’article 54 de la loi fondamentale stipule que « le délit de presse » ne peut être sanctionné par une peine privative de liberté, déclare également que la présidence a « érigé la liberté de la presse en principe immuable » avec toutes les garanties que cela offre au journaliste en termes « d’espace de liberté nécessaire à l’exercice de ses missions, avec professionnalisme et déontologie ».
Un sentiment que partage une majorité de la population pour M. Belhimer, « d’après les résultats d’un sondage mené par une université étrangère, 69% des Algériens sont convaincus que la presse critique librement la performance du Gouvernement, assez régulièrement et sans crainte de poursuites ». Responsable qui a ainsi partagé plusieurs chiffres et précisions quant à la situation de la profession et de ses acteurs, Ammar Belhimer explique ainsi que l’Algérie compte aujourd’hui près de 8 500 journalistes : « Autant nous sommes fiers de compter 8 500 journalistes et 180 quotidiens, bénéficiant du soutien de l’Etat en matière de papier et de publicité publique, autant nous nous attelons à la promotion de la presse pluraliste, libre et responsable. » L’objectif pour Ammar Belhimer est de parvenir à une « presse qui soit un allié pivot dans le développement des droits de l’Homme et des démocraties, dans la réalisation du développement durable et dans la contribution à produire le changement escompté dans l’attitude du destinataire et dans son interaction positive avec les évènements qui l’entourent ». La corporation est par ailleurs appelée à contribuer à l’édification de la société. La presse algérienne est « consciente », selon Ammar Belhimer, de « l’ampleur des défis qui se posent à elle en termes de contribution à l’édification d’une société forte, notamment par l’exploitation à bon escient et dans la transparence de l’information crédible pour produire et diffuser un contenu professionnel et contrer la désinformation et les allégations dangereuses, armes des guerre de la quatrième génération ».
Investir dans la «transition numérique»
Abordant par ailleurs la situation de la presse audiovisuelle, il souligne entre autres que l’année 2020 a vu le lancement de chaînes de télévision spécialisées « A3 » et « Savoir et Mémoire », « en attendant d’autres, notamment les chaînes parlementaire et internationale ». Le ministre, qui salue « la réalisation de nouveaux locaux de radios régionales à Mostaganem et Tébessa », a longuement évoqué l’avenir de la presse électronique. Le ministre révélant ici que 75 sites électroniques sont apparus durant l’année 2020 avec « l’octroi de 37 certificats d’enregistrement de média en ligne après confirmation de leur domiciliation dz, avec pour objectif, d’ici le prochain été, 100 sites web sécurisés en Algérie ». Quant à la situation de ce secteur relativement nouveau, Ammar Belhimer, qui rappelle qu’un « décret exécutif relatif aux modalités d’exercice de l’activité d’information en ligne a été élaboré en novembre dernier », ajoute que l’information en ligne est désormais « soumise à la publication à travers un site électronique, dont l’hébergement est exclusivement domicilié physiquement et logiquement en Algérie, avec une extension du nom de domaine dz ». Expliquant, dans la même logique que l’usage de la presse en ligne et des nouvelles technologies d’information est une réalité en Algérie, le Président de la République ayant lui-même fait des réseaux sociaux « un moyen direct et interactif à travers lequel il s’adresse aux citoyens, où qu’ils soient, en toute sincérité et transparence ».
La stratégie derrière la promulgation du décret exécutif régissant la presse électronique s’inscrit ainsi pour Ammar Belhimer « dans le cadre des grands chantiers de réforme basés sur deux principaux axes ». Le premier concerne « le renforcement du système législatif et réglementaire du secteur et son adaptation aux dispositions de la Constitution », a-t-il précisé, faisant état de la mise en place « récemment » d’une Commission au niveau du ministère, en partenariat avec l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) et la « contribution d’experts spécialisés, chargée de l’adaptation et de l’actualisation de la loi relative à l’activité audiovisuelle de 2014 ». Mais aussi de mettre à jour des projets relatifs aux « agences de consulting en matière de communication, à la publicité, à la loi organique relative à l’information et à la décision de lancer un appel à candidature pour l’octroi d’autorisation de création de services de télédiffusion thématique ».
Le deuxième axe du développement de l’information et de la presse en ligne relève, quant à lui, de « la maîtrise de la numérisation, à travers la dotation en équipements développés et la garantie d’une formation ciblée en vue de parvenir à produire un contenu cybernétique national sécurisé et diversifié », explique Ammar Belhimer. Le ministre fait également savoir dans ce même registre que le décret exécutif modifiant et complétant le décret portant statut de l’Etablissement public de télédiffusion d’Algérie (TDA) a eu pour but de rationaliser l’exploitation du premier satellite de télécommunications algérien (AlsatCom-1). A ce propos, il est annoncé que Télédiffusion d’Algérie peut, en vertu de ce changement, « conclure des contrats commerciaux pour la fourniture de prestations de services de diffusion directe, par satellite, pour les services audiovisuels et la location de capacités satellitaires appropriées sur des satellites nationaux ou étrangers ». n