Les syndicats d’enseignants profitent de l’occasion de cette journée mondiale organisée chaque 14 mars depuis l’année 2019 par l’union mathématique internationale sous les auspices de l’UNESCO, qu’on appelle également la «Journée du Pi», pour plaider en faveur d’une école algérienne de la qualité et de la rationalité.
Des syndicats d’enseignants ont appelé dans ce cadre la tutelle et le gouvernement à la nécessité de rouvrir le chantier de la réforme pédagogique et du système éducatif dans son ensemble pour aller vers une école de qualité et dans laquelle sera réhabilité l’enseignement des filières scientifiques et des mathématiques. Le plaidoyer des syndicats intervient après l’installation d’un comité national de l’Olympiade.
«Le mal est profond dans le secteur de l’éducation. Ce qui implique une refonte du système éducatif et l’élaboration d’une stratégie à long terme pour inverser la tendance pour aller vers une école de qualité», suggère Zoubir Rouina, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). «Nous sommes en faveur de toute initiative et réforme censées améliorer le niveau des apprenants», dit M. Rouina en réaction à la mise en place d’un Comité national de l’Olympiade. Pour notre interlocuteur, depuis quelques années, les élèves manquent d’engouement pour la filière des mathématiques, bien que cette année scolaire ne doit pas servir de référence à la tutelle, car c’est une année pédagogique exceptionnelle sur tous les plans et les résultats obtenus sont, à ses yeux, «prévisibles» en raison des conditions de scolarisation, de la pression que subissent les enseignants et de la longue rupture avec l’école», énumère entre autres M. Rouina.
Ce dernier trouve plus judicieux de faire un diagnostic général et une évaluation massive des élèves avant d’initier une quelconque réforme, mettant en avant l’urgence de «la mise en place d’un haut-conseil de l’éducation, qui formulera des propositions scientifiques loin de toute orientation politique et idéologique et dont les décisions ne seront contestées par aucune partie. Appelant ainsi à mettre fin à la «politique de bricolage et aux décisions politiques et populistes» qui entravent l’essor de l’Ecole algérienne.
«Il faut donner de la considération à ces jeunes qui suivent les mathématiques, leur garantir un salaire important et des postes de travail ainsi que l’amélioration du statut social des matheux», dit, pour sa part, le porte-parole de l’Unpef, Abdelouahab Lamri Zegar. «Il faut rendre les maths plus attrayantes pour les élèves qui se détournent de cette filière et assurer, après la fin du cursus universitaire, un statut social aux matheux qui les empêchent de penser à l’émigration». Pour lui, un nombre conséquent de matheux et d’ingénieurs d’Etat fuient le pays par manque de motivation et d’attraction», indiquant que leur destination favorite est la France et le Canada.
M. Zegar pointe du doigt les autorités compétentes qui forment des matheux pour ne pas les retenir et se servir de leur génie, appelant à la collaboration entre le ministère de l’Education et celui de l’Enseignement supérieur pour promouvoir l’enseignement de cette matière.
Il qualifie ainsi les déclarations du premier responsable du secteur, Mohamed Ouadjaout, qui a fait état, samedi dernier, du faible niveau des élèves en maths et de la faible orientation des élèves vers les mathématiques en tant que spécialité de «politiques». «Lorsque le ministre me fait part de sa consternation des notes obtenues dans cette matière est un discours politique». Pour preuve, poursuit-il, les élèves du lycée des maths suivent la formation dans un état lamentable», évoquant les conditions d’hébergement et de restauration.
La porte-parole de l’Unpef demande ainsi «à ce que les autorités compétentes manifestent un intérêt particulier pour cette matière et ses diplômés afin d’arrêter la saignée et la fuite des cerveaux». n