Comme partout ailleurs dans le monde, l’Algérie a célébré hier à la Bibliothèque nationale d’Alger la Journée internationale de la langue mère. Plusieurs Etats valorisent l’usage des langues maternelles dans leurs différentes institutions, sauf que chez nous, cela n’est pas encore au point.

D’ailleurs, lorsque la ministre de l’Education nationale Nouria Benghebrit a fait part de sa volonté d’introduire le parler algérien (dialecte) dans le préscolaire, les néoconservateurs se sont acharnés contre elle en voyant dans cette démarche une atteinte à la langue du Coran et à l’unité nationale. Pourtant, il est recommandé par l’Unesco de permettre aux populations d’apprendre, dès le plus jeune âge, dans leur langue maternelle puis dans d’autres langues, nationale, officielle ou autre.
Qu’en est-il de tamazight consacré langue officielle dans l’amendement de la Constitution de février 2016 ? « Nous avons 3 000 diplômés qui ont obtenu une licence en tamazight et qui attendent leur embauche dans les différentes structures d’éducation pour mener à terme le processus de généralisation de l’enseignement de tamazight dans toutes ses variantes », indique Si El Hachemi Assad, secrétaire général du Haut-commissariat de l’amazighité. Les linguistes s’entendent à dire que le tamazight est une langue menacée de disparition vu qu’elle est de moindre diffusion. Que fait le HCA ? « Le HCA est dans son rôle. Il va prendre en charge le tamazight dans toutes ses variantes. D’ailleurs, la feuille de route du HCA est de donner une place institutionnelle à tamazight pas uniquement dans l’école ou dans les médias mais aussi dans la vie quotidienne. On travaille pour consolider davantage sa place en l’introduisant dans les espaces institutionnels comme dans l’édition, la production artistique, les administrations », explique Assad. Pour sa part, Bouabdallah Ghlamallah, président du Haut conseil islamique, a appelé à l’enrichissement de tamazight en s’appuyant sur la langue arabe. « C’est une réalité dont parlent tous les linguistes et c’est le cas de toutes les langues qui font de l’emprunt ». Pour le secrétaire général du HCA, l’emprunt est « vital». A ses yeux, une langue vivante et solide est celle qui fait de l’emprunt.
En attendant la promulgation de la loi organique sur tamazight, le HCA, souligne M. Assad, a apporté sa contribution pour repositionner cette langue dans l’échiquier institutionnel de l’Etat. « Tamazight est officielle.
Il est nécessaire de convoquer un conseil interministériel pour prendre en charge cette nouvelle orientation », réclame Assad car « la promotion de la langue amazigh n’est pas une prérogative du HCA, mais de tous les départements ministériels », a-t-il ajouté.