Le ministre de Santé et de la Réforme hospitalière, M. Abderrahmane Benbouzid,
a fait savoir hier à l’occasion de la journée internationale contre le diabète que près de 14,4% des Algériens de plus de 18 ans étaient atteints de différentes formes de diabète.

Une situation d’autant plus difficile dans le contexte de crise sanitaire actuelle, d’autant, a affirmé le ministre, que les diabétiques et malades du Covid-19 étaient davantage exposés aux risques de complication : « Cette année, la situation est plus qu’exceptionnelle. On remarque que les diabétiques sont les plus exposés aux formes graves et aux complications en cas de contamination au Covid-19 », a soutenu le ministre de la Santé qui animait une conférence de presse. Notons que la journée internationale a été placée cette année sous le thème « le diabète et le Covid-19 », contexte oblige.
M. Abderrahmane Benbouzid a fait par ailleurs savoir que près de 2,8 millions d’Algériens étaient aujourd’hui atteints de diabète : « En Algérie, le pourcentage est de 14,4% des personnes de plus de 18 ans atteinte de diabète, ce qui équivaut à 2.8 millions de diabétiques ». Le pays enregistre, comme le reste du monde, un très fort taux chez les personnes âgées, puisque « un quart des personnes de plus de 75 ans sont atteints du diabète de type 2 ». Une situation qualifiée de « problématique » pour la santé publique d’autant qu’elle risque de croitre dans les prochaines années : « Aujourd’hui, le diabète de type 2 est un vrai problème pour le monde, et selon les estimations de l’OMS pas moins de 520 millions de personnes adultes en sont atteintes. En plus des 1 million d’enfants touchés par le diabète de type 1. Et les études avancement que 622 millions de diabétiques de type 2 seront enregistré en 2030 », a ajouté M. Benbouzid.
Quant au lien qui est fait par l’intitulé de la commémoration entre le diabète et la pandémie de coronavirus, le ministre de la Santé l’explique par le fait que « nous avons souhaité aborder les deux maladies pour sensibiliser sur les moyens de les éviter. Nous devons multiplier les mesures, en travaillant notamment sur l’alimentation, en adoptant de nouvelles habitudes qui évitent le diabète et favorisent l’immunité naturelle du corps ». Il explique par ailleurs que « le diabète n’augmente pas le risque d’être contaminé par le coronavirus, mais il augmente les risques de complications », en tenant pour preuve que « les complications et les décès dus au coronavirus touchent davantage les malades de plus de 65 ans, et c’est aussi la tranche d’âge la plus atteinte par le diabète ».
Le ministre de la Santé appelle ainsi les Algériens à lutter à leur niveau contre le diabète, à « vérifier rigoureusement le taux de sucre et à consulter les médecins dans les plus brefs délais pour entamer les traitements le plus précocement ».
M. Abderrahmane Benbouzid a par ailleurs annoncé hier que son secteur continuait à sensibiliser en travaillant notamment avec le milieu associatif. Des « caravanes médicales » sont organisées au profit des « zones d’ombre », des régions qui sont dans le contexte du coronavirus « davantage exposées au manque de prise en charge sanitaire », a-t-il avoué. M. Abderrahmane Benbouzid rappelle que depuis l’institutionnalisation de la journée internationale contre le diabète en 2007, « la maladie a été reconnue comme une maladie chronique pour les personnes et reste une problématique pour les Etats ». L’initiative née du travail de « l’union mondiale du diabète et de l’OMS » a notamment pour objectif de « répondre aux craintes dues à la multiplication des cas de diabète dans le monde ». Le ministre ajoutera que cette journée est également « une occasion de réaffirmer l’engagement de l’Algérie à appliquer rigoureusement les recommandations de 2011 de l’agence onusienne sur la prévention contre maladies non-contagieuses ». n