Ce mercredi, 3 novembre, sera marqué par un arrêt de travail et des sit-in de protestation à partir de 10 heures du matin. L’action sera menée à l’appel de plusieurs syndicats du secteur. Elle a lieu alors que la relation avec le ministère de tutelle connait une tension accrue.

Par Sihem Bounabi
En effet, aujourd’hui sera marqué par une journée de protestation des professionnels de santé avec l’annonce d’un arrêt de travail et de sit-in des 10 heures du matin, suite à l’appel l’Intersyndicale de la santé, composée du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), du Syndicat national des praticiens de la santé (SNPSP) ainsi que du Syndicat national des paramédicaux (SAP),
Le président du SNPSP, Lyes Merabet, a confirmé, hier, le maintien de cette journée de protestation en lançant un appel à «tout le personnel et les employés de la santé publique à se mobiliser et à participer fortement aux actions de protestation qui seront organisées à partir de dix heures du matin dans les cours des hôpitaux universitaires, des hôpitaux publics et des établissements de santé de proximité». Tout en précisant que le service minimum sera assuré, il ajoute que cette journée coïncidant avec le mois symbolique de novembre marquant le déclenchement de la guerre de libération nationale, une minute de silence sera dédiée à la mémoire des martyrs de la guerre d’indépendance et aux martyrs du devoir professionnel et national des corps de la santé qui ont payé un lourd tribu dans la lutte contre la pandémie de la Covid-19.
Tout en regrettant le fait que «revenir à la protestation comme seul moyen de communication», le syndicaliste estime que face à la dégradation du pouvoir d’achat et les conditions socioprofessionnelles accentuant le marasme qui règne dans le secteur de la santé, les protestataires réclament à travers cette journée de «grogne» l’amélioration des conditions de travail, la concrétisation des instructions du Président de la République concernant le dossier Covid, dont notamment le versement de la prime Covid-19, qui n’a pas été perçue depuis le mois mars 2021. En effet, dans le communiqué cosigné par les trois syndicats de la santé, en plus du versement des 5e et 6e primes Covid, l’Intersyndicale réclame également la concrétisation des autres mesures annoncées publiquement par le Président de la République. Des mesures toujours pas appliquées sur le terrain, à l’instar du versement du capital décès, constituant une aide financière destinée à chaque famille endeuillée par la perte de l’un de ses membres qui travaille dans le secteur la santé, décédé suite à la contamination à la covid. Il s’agit aussi de la mise en place de la couverture santé 100% et l’application des mesures de bonification de la retraite pour les professionnels de la santé impliqués dans la lutte contre la pandémie. Parmi les autres revendications des syndicats de la santé sur ce dossier, l’appel à l’inscription de la maladie Covid-19 sur la liste des maladies professionnelles des professionnels de santé ainsi que la pérennisation de la prime Covid. Dans un contexte marqué par la dégradation du pouvoir d’achat touchant également de plein fouet les professionnels de la santé, l’Intersyndicale réclame de ce fait «de meilleures conditions de travail, à travers notamment un renforcement en moyens humains et matériels dans les structures de la santé». Par ailleurs, elle dénonce les pressions et entraves syndicales constatées dans plusieurs wilayas, réaffirmant l’impératif du «respect du droit syndical garanti par la Constitution algérienne». Le SNPSP, le Snechu et le SAP tiennent encore une fois à «rendre hommage aux personnels soignants qui se sont engagés corps et âme pour faire face à la pandémie de la Covid-19, et tant bien que mal, nous avons pu passer le cap des deux premières vagues, puis la troisième encore plus meurtrière, importante, emportant avec elle de nombreux citoyens», tout en déplorant que «l’armée blanche, tous corps confondus, soit déçue par la non-concrétisation sur le terrain des différentes directives du Président de la République concernant l’amélioration de ses conditions de travail ainsi que sa situation socioprofessionnelle». <