Il y avait foule hier devant au tribunal de Sidi M’hamed comme à l’extérieur où un rassemblement a eu lieu en soutien aux personnes arrêtées samedi à Alger ainsi que lors de la marche du 54e vendredi. Au total, ils étaient 56 à passer devant le juge d’instruction. Ce dernier a décidé en fin de journée de relâcher une partie «sans poursuites», tandis que d’autres, malgré leur libération, ont été cités à comparaître «prochainement», selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).
Deux dates ont été fixées pour ces procès, le 31 mars et le 2 avril prochain. L’une des personnes arrêtées, Moussouni Adel, en l’occurrence, a affirmé à sa sortie du tribunal que son procès aura lieu le 2 avril. Pour les chefs d’inculpation, il s’agit d’«attroupement non armé», a-t-il précisé.
Rappelons que ces arrestations ont été opérées samedi à Alger, lors d’une marche avortée par les services de sécurité. En effet, des appels avaient été lancés bien avant sur les réseaux sociaux pour faire de la journée de samedi un autre jour de mobilisation, en plus du vendredi et du mardi. L’idée est partie du premier anniversaire du Hirak, le 22 février dernier, célébré partout en Algérie, un samedi. Avant-hier, les appels ont trouvé l’écho dans certaines wilayas, à l’image de Béjaïa, Constantine et Sétif où plusieurs dizaines de citoyens étaient sortis pour réitérer les mêmes slogans que ceux de vendredi et mardi. Devant le Tribunal de Sidi M’hamed, des militants du Hirak, des activistes, des députés de l’opposition et de simples citoyens se sont rassemblés dès le matin pour réclamer la libération des 56 personnes. Parmi elles figurait le journaliste-collaborateur du site l’avantgarde-algerie, Djamel Saidoun. Les manifestants n’ont pas cessé de scander «Etat civil, non militaire», tout en saluant les avocats de la défense, plus d’une centaine à se constituer dans cette affaire.
D’ailleurs, à l’intérieur de la salle d’audience, il n’y avait presque plus d’espace pour les citoyens. Le peu de gens qui ont pu assister à l’audience ne se sont pas empêchés d’applaudir les manifestants arrêtés, au point où le juge a été contraint à un moment de sortir de la salle.
Parallèlement à cette affaire, il y a eu au même tribunal l’affaire de trois autres détenus. Il s’agit de l’Algérienne qui vit en France, Yasmine Si Hadj Mohand, arrêtée vendredi 21 février et de Zouhir Houari et Saâdeddine Islem Youcef, arrêtés en mai 2019 et accusés d’« avoir poussé un policier du haut d’un camion de police». Selon le CNLD, le procureur de la République «a requis 5 ans de prison ferme ». En tout état de cause, la mobilisation autour des personnes arrêtées était tellement grandiose, qu’à l’heure où nous mettions sous presse, le rassemblement n’était toujours pas levé, en attendant la sortie de l’ensemble des concernés.