La Maison de la culture de Batna a accueilli, jeudi dernier, une manifestation culturelle intitulée «Culture Day», organisée par la jeune équipe d’Education Embassy, une école privée, spécialisée depuis quelques années dans l’enseignement des langues. Le principal objectif de cette manifestation est d’ouvrir un dialogue entre des personnes venues de divers endroits de la planète, convaincues par l’idée que, dans un monde aux allures d’un grand village, l’«open source» (source ouverte) est un acquis mondial.

L’initiatrice de cette journée, Yasmina Mezhoudi, détentrice d’un Master en anglais, utilise les termes anglais pour qualifier cette journée, soulignant que «Culture Day : Open a horizon, open source, open your mind» (Journée culturelle : ouvrir des horizons, ouvrir une source, ouvrir ton esprit). Ainsi, durant la journée de jeudi passé, la salle de spectacle de la Maison de la culture de Batna s’est transformée en un véritable carrefour culturel et linguistique, où des jeunes étudiants de différents horizons et différentes nationalités, Palestiniens, Maliens, Yéménites, Egyptiens, Tchadiens, Rwandais et Zimbabwéens… se sont donné rendez-vous pour partager leurs cultures, «comme pour recréer une mini-population du monde ou du moins de l’Afrique et de certains pays arabes», nous disent les organisateurs.
A cet effet, les étudiants qui ont pris part à cette journée de brassage, d’échange et de communication, dans pas moins de quatre langues, arabe, anglais, français et tamazight, ont contribué aussi bien individuellement qu’en groupe à faire connaître leur pays d’origine. A cette occasion, un stand a été réservé pour une multi exposition ou la tenue traditionnelle yéménite côtoyait celle de la Palestine et l’art culinaire africain subsaharien a été une véritable attraction chez le public. Interrogés sur l’objectif et le but de leur participation, les étudiants africains ont exprimé le souhait, à l’exemple d’Issa Santara, originaire du Mali et étudiant en science technologique à l’université de Fesdis à Batna, que «ce genre de rencontre ne soit pas occasionnel mais plus fréquent» et que «l’Algérie retrouve son africanité» tel que le souligne, Athmani Kawthar, une étudiante du Zimbabwe. De même, la plupart des étudiants présents ont formulé les mêmes vœux de réitérer ce genre d’expérience et espèrent une plus importante présence des étudiants qui en tireront un grand bénéfice, car «on n’apprend pas uniquement dans une salle de classe ou un amphithéâtre», nous confient-ils. Par ailleurs, lors d’un débat organisé à l’occasion de cette journée, Yasmina Mezhoudi a évoqué les bienfaits de l’apprentissage des langues, qui n’est plus un choix de nos jours mais une obligation, soulignant que «l’esprit ouvert est un passeport, une clé pour l’avenir et la langue et peut être la seule façon d’acquérir ces moyens qui nous font défaut, nous fragilisent et pénalisent».
Elle dira, à propos de l’importance de l’apprentissage des langues, que «si aujourd’hui, il y a une forme d’hégémonisme de la langue anglaise dans le monde, rien ne garantit que ça va perdurer. Toutes les langues sont bonnes à prendre et apprendre. Communiquer, échanger, construire, aller vers les autres peuples exige de nous l’apprentissage des langues et nous avons un grand retard».n