Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, s’est exprimé hier sur plusieurs thèmes, notamment ceux en relation avec la pandémie du coronavirus et les mesures prises par les autorités, mais surtout ceux agitant le monde des médias.
Sur la question des journalistes actuellement en prison, le ministre de la Communication, qui répondait aux questions de nos confrères d’El Khabar, a estimé qu’il revenait à la justice de dire si les cas relevaient de la liberté de la presse. «Il y a des journalistes, très peu d’ailleurs, dont les dossiers sont entre les mains de la Justice, et en tant que ministre et porte-parole du Gouvernement, il ne m’appartient nullement d’évoquer des affaires relevant de la Justice, qui est habilitée seule à dire s’il s’agit d’affaires en lien avec la liberté de la presse ou pas», a répondu M. Belhimer.
A propos de la suspension de Maghreb Emergent et Radio M. Post, le ministre a indiqué que ces deux supports sont «gérés par un journaliste qui s’est livré à la diffamation, la calomnie et l’insulte à l’encontre du Président de la République», regrettant dans ce sens que le patron de Maghreb Emergent «franchisse toutes les limites de la décence, de la morale et de la loi». M. Belhimer a ajouté que la suspension qui frappe depuis la semaine passée ces deux sites est une «suspension conservatoire» en attendant l’achèvement des procédures de poursuites judiciaires conformément aux dispositions du code pénal et du code de l’information.
S’agissant justement de la régularisation de la situation juridique des journaux électroniques, domiciliés en Algérie, M. Belhimer a souligné que son premier volet, la régularisation de leur situation juridique, «a été accélérée à la demande du Président de la République en personne.
Il a ajouté que ce «texte de rattrapage» a été préparé au terme de consultations ayant regroupé les acteurs du secteur et un grand nombre de ministères, pour avis, au titre de «l’entraide gouvernementale».
M. Belhimer est revenu dans ce sens sur les réformes que l’Exécutif compte apporter dans le secteur de la communication, faisant état de l’identification de dix grands chantiers de réforme touchant l’ensemble des créneaux du secteur.
Il a cité, à ce propos, la promulgation de textes législatifs et réglementaires nécessaires à l’encadrement de la presse écrite et numérique, des médias audio-visuels, de la publicité, des agences de communication et de distribution et des instituts de sondage… M. Belhimer a évoqué également la question de la publicité publique mettant en exergue la nécessité d’un «assainissement du secteur» après des décennies de corruption, de détournement de deniers publics, de pratiques rendues possibles par une situation de non-droit.
«Avant l’application stricte de la loi de l’offre et la demande, il faudrait passer par une période de transition permettant de réhabiliter et assainir le secteur de la publicité publique», a-t-il estimé. Pour lui, cet «assainissement s’impose par l’ampleur de la corruption qui a gangréné les structures de ce secteur et facilité la dilapidation des deniers publics par des forces externes à l’Information, des clans politiques et des hordes de puissances diaboliques, agissant dans l’ombre et qui tiraient les ficelles au sein même de l’Agence nationale d’édition et de publicité (Anep)». Sur sa lancée, il a indiqué que cette situation qui a perduré des années et des années a favorisé l’apparition de «réseaux d’influence et d’allégeance ayant infiltré les rouages de l’administration, de la presse et des centres de décisions, à tous les niveaux».
C’est la raison pour laquelle, il a été initié une «large opération d’assainissement et de profonde restructuration» de l’Anep à la faveur de l’installation d’un staff «solide et cohérent» pour mener à bien la mission de «transformer l’Agence de simple boîte de distribution de la rente publicitaire en entreprise innovante et créatrice d’emploi et de richesse», a-t-il expliqué.
Le ministre a fait savoir que la publicité publique représente 65% du marché publicitaire global et qu’il s’agit là d’un soutien indirect à la presse algérienne, tant publique que privée, relevant que ce soutien s’inscrit dans le cadre de la préservation des postes d’emploi et du pluralisme médiatique, soulignant «le rôle de l’Etat dans la distribution de la publicité», notamment au profit des entreprises vulnérables de la presse écrite.
Sur un autre registre, M. Belhimer a évoqué le traitement de la question de la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19), affirmant que «l’Etat s’emploie à la recherche des moyens les plus simples et les plus efficaces pour transmettre à l’opinion publique les nouvelles données liées à l’évolution de la situation, en veillant à lui garantir «une information juste, précise et fiable via les canaux officiels et les médias publics».
Cette option «étudiée», a-t-il indiqué, tend à simplifier la méthode de traitement de l’information par la présentation simplifiée des chiffres relatifs à la propagation du virus dans le pays. Le ministre a précisé, dans ce sens, que le choix de trois médias publics seulement, pour assister au point de presse quotidien de la Commission nationale de veille et de suivi de l’évolution de l’épidémie du Covid-19, s’est imposé par le souci d’appliquer les règles de la distanciation sociale au niveau de la salle et par un gain de temps au vu des contingences du couvre-feu dans la capitale.
Cette méthode, a-t-il noté, a permis «de réduire les Fake News et les chiffres erronés», estimant n’avoir pas d’autres choix pour limiter les effets de la rumeur que de lui livrer une «lutte optimale en diffusant la vérité d’une manière quotidienne et régulière».