Les violences physiques et verbales réservées vendredi à Alger à des journalistes et des photographes, lors de la 108e marche populaire, par des groupes parmi la foule ont suscité une vague d’indignation dans la corporation et d’autres milieux militants et politiques.
«Des journalistes ayant accompagné la révolution du peuple algérien ont subi, hier, lors de la marche du vendredi, des agressions et des intimidations. Des informations font état d’une opération menée par des baltagui dont l’identité des membres reste à établir», a indiqué le RCD dans un communiqué. Rappelant que «le droit à l’information et à la libre expression est consacré et doit être défendu avec vigueur par tous», le RCD souligne que «le déni du droit à l’information et la transformation des médias inféodés en organes de propagande désignent comme cible toute expression indépendante et ouvrent la voie aux aventuriers de tous bords».
Le parti soutient à ce propos que «le caractère pacifique de la révolution ne convient pas aux abonnés à l’intrigue», ajoutant qu’il «faut à tout prix sauvegarder cet acquis de la révolution populaire pour faire triompher ses revendications». Se déclarant « fidèle à son combat pour la consécration des libertés et l’expression de la diversité, appelle à la vigilance et condamne toute violence», le RCD « réitère son soutien aux journalistes et à la presse dans l’exercice de cette noble mission».
Pour sa part, Rassemblement action jeunesse (RAJ) a exprimé sa «solidarité» avec les journalistes victimes d’agression estimant «impossible de bâtir un Etat de droit et des institutions démocratiques sans garantir la liberté d’exercice du métier du journalisme».
De son côté, le cadre du Parti des travailleurs (PT), Ramdane Tazibt, a indiqué que «les baltaguia sont les alliés objectifs du système en place», exprimant sa «solidarité» avec les journalistes victimes d’agression qui «ont pointé la responsabilité du mouvement islamiste Rachad».
«Je dénonce l’agression d’aujourd’hui contre nos confrères journalistes libres», a écrit sur son compte facebook, le journaliste Madjid Benkaci.
Pour l’universitaire, Nacer Djabi, «on ne doit pas se contenter de dénoncer les agressions sur les journalistes. Il faut identifier les agresseurs, qu’ils soient d’agissements individuels ou collectifs», a soutenu le sociologue.
Nacer Djabi a plaidé pour «l’identification des parties qui sont derrière de tels actes pour les isoler et préserver le caractère pacifique du Hirak». n