Le Prix Abdelhamid-Benzine de journalisme, récompensant un travail d’enquête ou de reportage sur des thèmes liés aux problèmes socioculturels en Algérie, a été attribué cette année au journaliste et correspondant du bureau de Chlef de l’APS, Mohamed Maârouf, pour son reportage vidéo « El Mawlid Ennabaoui à Ténès », et au journaliste du quotidien El Watan, Nadir Iddir, pour son enquête sur les partisans de la «Badissia-Novembria», publiée en juin 2019.

Les distinctions de la 9e édition dudit prix ont été remises samedi à l’occasion d’une cérémonie coïncidant avec la commémoration de la 17e année du décès du journaliste et militant Abdelhamid Benzine, mort le 6 mars 2003. La cérémonie s’est déroulée au siège du Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme.
L’association dont le président est professeur à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information, Mostefaoui Belkacem, a rappelé à cette occasion que seuls les reportages ou enquêtes portant sur les problèmes socioculturels en Algérie sont pris en considération. Comment évalue-t-on un travail journalistique et quels en sont les modes et d’appréciation ? « Les propositions que reçoit l’association sont soumises à l’appréciation d’un jury composé d’enseignants ou d’anciens journalistes », explique M. Mostefaoui. Ce dernier souligne qu’une dizaine de candidatures sont parvenues à l’association alors qu’auparavant, elle recevait jusqu’à une quarantaine des deux genres journalistiques cités plus haut. « Le nombre de propositions était insuffisant », fera remarquer le président de l’association, qui estime que le reportage sur « les questions culturelles et sociales intéressent moins les journalistes ».
Pour rappel, la première édition du Prix Abdelhamid-Benzine du journalisme avait été organisée en 2004, soit une année après le décès de Benzine. Le prix commémoratif est décerné tous les deux ans en alternance avec un colloque.
«L’Association continue de rééditer le Prix du journalisme pour perpétuer la tradition de sauvegarde des valeurs du terroir et des idéaux ayant marqué l’histoire de l’Algérie, chers au regretté Abdelhamid Benzine, ancien journaliste et directeur d’Alger Républicain, et afin d’encourager le métier de journaliste, la presse écrite, la presse électronique et l’audiovisuel, dans les trois langues, arabe, tamazight et français», soulignait M. Mostfaoui.
Né à Beni Ouartilane (Sétif) en 1926, Abdelhamid Benzine était un grand militant de la cause nationale au sein du PPA-MTLD (1940 à 1951) et le PCA (1953), avant de rejoindre les maquis et les rangs de l’ALN (1955).
Arrêté par les forces coloniales en 1956 et condamné à 20 ans de travaux forcés, il a été enfermé dans divers camps de concentration jusqu’à l’indépendance. En juillet 1962, il avait repris ses activités politiques et a été rédacteur en chef du quotidien Alger Républicain, qui a cessé de paraître avant de reprendre en 1990. Il avait dirigé cette publication jusqu’à sa mort en 2003. Abdelhamid Benzine est également auteur de plusieurs ouvrages, dont « Le Camp », « La montagne et la plaine », « La grande aventure d’Alger républicain avec Boualem Khalfa et Henri Alleg », « Lambèse » et « Le Sergent ».
La gestion du Prix de journalisme Abdelhamid-Benzine (et du colloque) est assurée par l’association culturelle « Les Amis de Abdelhamid Benzine ».