Au CHU Mustapha-Pacha, ils étaient hier une centaine de médecins résidents à se mobiliser autour de la grève pour afficher leur courroux face aux conditions de travail auxquelles ils se disent être voués.

Ils ont, à l’occasion, reconduit leur appel au ministère de tutelle pour l’abrogation de l’obligation du service civil. «Le maintien du service civil est un problème administratif, mais nous, on réclame la suppression de son obligation qui est anticonstitutionnelle», a expliqué Dr Taïleb, représentant du Camra. Il rappellera que ce service n’était pas obligatoire, mais qu’il a fini par le devenir parce que le pays manquait de spécialistes dans de nombreux secteurs.
«Ce service a été supprimé dans les autres secteurs, mais maintenu pour les médecins spécialistes», souligne Dr Taïleb. Avant de considérer que «le service civil a prouvé son échec total après plus de 30 ans d’existence». «Un médecin qu’on affecte et oblige de travailler loin de chez lui est souvent poussé à la démotivation. Il ne pourra en aucun cas régler le problème d’une couverture sanitaire déjà médiocre», explique-t-il. «Ils veulent nous motiver avec un logement de fonction durant la période du service civil, alors qu’il s’agit d’un droit préalable», lance le représentant du Camra. Quant à la seconde revendication des médecins résidents, elle concerne le Service national. Ces derniers réclament le droit à l’exemption comme tous les jeunes Algériens qui en bénéficient dans le cadre des mesures prises dans ce sens par le président de la République. «Pour l’instant, nous sommes victimes d’une discrimination contre les médecins et une violation du décret présidentiel et de la Constitution algérienne», regrette le même intervenant. Ajoutant que l’exclusion des médecins obéit à des notes internes adressées aux responsables du recrutement dans les régions militaires.
Les résidents se plaignent également de nombreux problèmes qu’ils rencontrent au quotidien dans la pratique de leur fonction, entre insécurité, surcharge des établissements de santé, entraves pédagogiques, qui les privent des avantages des post-graduations, à l’exemple de la bourse et la résidence. En contrepartie, ils déclarent ne pas jouir du statut de fonctionnaire alors qu’ils possèdent des fiches de paie et cotisent à la Sécurité sociale.