Par Rédaction Culturelle  
De «Lawrence d’Arabie» au dernier Star Wars, à l’affiche dans plusieurs pays dans le monde durant ce mois de décembre, le Wadi Rum, site naturel  dans le sud de la Jordanie, est une pièce-maîtresse de ce pays pour jouer dans la cour des grands blockbusters hollywoodiens. Le wadi Rum, situé à l’écart de la voie reliant la capitale Amman aux rives de la mer Rouge, ce désert aux couleurs ocres et  aux impressionnantes formations rocheuses, est ancré dans l’imaginaire des cinéphiles depuis que Peter O’Toole l’a arpenté à dos de chameau dans « Lawrence d’Arabie » en 1962. Mais la liste des films à succès montrant ces paysages est longue. Ces dernières années, après « Seul sur Mars » avec Matt Damon, Will Smith est venu y tourner à partir de fin 2017 « Aladdin », une production Disney. «Quand nous avons atterri en Jordanie, tout à coup, tu commences à te représenter les sentiments du personnage, comme quand nous étions au Wadi Rum  (…). C’était authentiquement spectaculaire », a dit l’acteur américain lors d’une conférence de presse à Amman en mai, au moment de la sortie du film rapporte l’AFP. A la peine économiquement (contrairement à nombre de pays de la région, elle est dépourvue d’hydrocarbures), la Jordanie s’est engagée depuis le début du XXIe siècle dans une opération de charme vis-à-vis de l’industrie du cinéma. Une «Commission royale du film de Jordanie » a été créée en 2003, avec l’idée de faire du pays un « immense studio en plein air »,  déclare son directeur général, Mohannad Al-Bakri à l’AFP. Pour attirer les réalisateurs du monde entier, cet organisme présidé par le prince Ali ben Al Hussein, demi-frère du roi Abdallah II, offre une liste d’avantages techniques et financiers. Les sociétés de production peuvent par exemple se faire rembourser 10 à 25% de leurs dépenses sur place si celles-ci dépassent un million de dollars (900 000 euros), ou bénéficier d’exemptions fiscales sur les équipements importés.  Présent en mai au côté de Will Smith, le réalisateur d’ « Aladdin », Guy Ritchie, a lui surtout voulu insister sur la qualité des sites, disant avoir vu dans le Wadi Rum « un choix naturel ». « Il y a une telle paix ici, dans le désert, c’est incomparable », a également souligné l’acteur Mena Massoud, qui joue le rôle d’Aladdin. Mais, cette tranquillité d’esprit est aussi le fruit d’un travail réalisé en amont des tournages, arguent les promoteurs de la destination. A ce titre, Munir Nassar, directeur de Zaman Project Management, une société locale de production, dit avoir préparé le tournage du dernier épisode de Star Wars, « L’Ascension de Skywalker », pendant cinq longs mois. «Quand les acteurs sont arrivés, le tournage a duré 12 jours et ensuite, ils sont partis », souligne  à l’AFP, Munir Nassar un ex-ministre du Tourisme.  «Rogue One: A Star Wars Story», épisode autonome de la franchise, avait déjà été filmé dans le désert jordanien. La société de production a aussi participé à quatre autres tournages, dont celui de « Mission to Mars », de Brian de Palma. Le Wadi Rum n’est pas le seul site jordanien au goût des réalisateurs, avance encore Mohannad Bakri. Parmi les grands classiques hollywoodiens figure notamment «Indiana Jones et la dernière croisade », réalisé en 1989 par Steven Spielberg et qui transportait ses spectateurs dans la cité antique nabatéenne de Petra. « La Khazneh » (le Trésor), son plus célèbre édifice, taillé dans le roche, y était présenté comme la porte d’un temple abritant le Saint Graal.  n