L’ancien vice-président américain Joe Biden a remporté avant-hier samedi la primaire démocrate de Caroline du Sud, relançant sa campagne et se confirmant comme premier rival du favori Bernie Sanders pour décrocher l’investiture du parti. Après trois résultats décevants dans les Etats précédents, il s’agit de la première victoire de Joe Biden, 77 ans, dans les primaires démocrates qui doivent désigner le candidat qui défiera Donald Trump en novembre.
Sa victoire a été annoncée quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote par les grands médias américains, mais les résultats du dépouillement n’étaient pas encore connus, notamment qui était arrivé deuxième. La course reste longue jusqu’à l’investiture d’un démocrate pour affronter le républicain Donald Trump lors de la présidentielle de novembre. Mais immédiatement après la Caroline du Sud, la dynamique va s’emballer avec le « Super Tuesday » de demain mardi, lorsque 14 Etats voteront. Le septuagénaire avait bien besoin de cette victoire, après n’être arrivé que quatrième et cinquième, respectivement, dans l’Iowa et le New Hampshire. Certes il avait grimpé à la deuxième place dans le Nevada, mais il était resté très loin du sénateur indépendant Bernie Sanders, qui l’a clairement remplacé dans le statut de grand favori des primaires démocrates. Commentant très vite sur Twitter, le président américain a estimé que cette victoire de Joe Biden devait signer la fin de la campagne du milliardaire de New York Michael Bloomberg. « La victoire de Joe Biden l’endormi (…) devrait mettre un terme à la campagne risible de Mini Mike Bloomberg », a tweeté Donald Trump, en utilisant les surnoms avec lesquels il désigne ses rivaux.
« Bernie » et l’establishment
M. Sanders, socialiste autoproclamé âgé de 78 ans, fait campagne sur un programme très à gauche pour les Etats-Unis. «Gagnons ensemble pour construire une nation fondée sur la justice», a tweeté samedi le sénateur qui dénonce sans relâche un Donald Trump «raciste», «sexiste» et «xénophobe». Son ascension inquiète certains démocrates modérés qui craignent que Bernie Sanders ne puisse pas convaincre les électeurs plus centristes, indispensables selon eux pour battre Donald Trump. Un argument que Bernie Sanders rejette fermement. « L’establishment dit: +Bernie ne peut pas battre Trump+ », a déclaré le sénateur du Vermont, en contredisant ces propos avec des sondages qui le donnent gagnant contre le président républicain. Derrière MM. Sanders et Biden, six autres candidats sont encore en lice pour l’investiture démocrate, dont plusieurs joueront leur survie ces prochains jours. En Caroline du Sud, le milliardaire Tom Steyer, 62 ans, s’est hissé à la troisième place des sondages grâce à une intense campagne, qui lui a déjà coûté plus de 20 millions de dollars, avant de jeter l’éponge et d’abandonner la course. La pression est grande sur la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, qui avait un temps fait figure de favorite mais n’a pas percé lors des premiers scrutins. Après ses bons résultats dans l’Iowa et le New Hampshire mais un score plus décevant dans le Nevada, l’ex-maire de South Bend Pete Buttigieg, 38 ans, est aussi très attendu. Il doit absolument démontrer qu’il peut mieux faire auprès des minorités, car cet électorat est crucial pour tout démocrate voulant remporter la Maison Blanche.Le multi-milliardaire Michael Bloomberg, 78 ans, avait passé encore une fois son tour en Caroline du Sud puisqu’il attend le « Super Tuesday » pour entrer dans la course. n