Pour finir champion olympique, il a fallu qu’il y croit. Même s’il n’en revenait pas lorsqu’il a touché le mur et levé ses yeux pour voir le tableau d’arrivée du 400 m nage libre aux Jeux Olympiques 2020 de Tokyo. Un temps de 3 min 43 sec 36, un chrono en or pour Ahmed Ayoub Hafnaoui qui devient le 2e nageur maghrébin de l’histoire à décrocher une médaille aux Olympiades et le 5e Tunisien primé à ce niveau.

L’exploit est gigantesque ! C’est le moins que l’on puisse dire tant il n’était pas attendu dans un évènement de l’envergure des JO. Avant de faire son coup, il n’avait averti personne même si c’est un nageur qui avait énormément de potentiel. D’ailleurs, lui-même l’a admis en lâchant : «Oui j’ai été surpris, bien sûr, je suis fier et heureux de gagner cette médaille.»
«Je n’imaginais pas remporter l’or»
La consécration est arrivée d’une manière surprenante pour celui qui avait déjà l’ambition de conquérir les devants de la scène natatoire à l’âge de 16 ans. «Grâce au programme de préparation concocté par mon staff technique, je serais parmi les meilleurs mondiaux dans la course de 800 m. Une place en finale est même envisagée. Je suis même capable de monter sur la plus haute marche du podium», avait-il déclaré pour un journal tunisien en 2019.
Il s’est donc avéré que c’est loin d’être une prétention démesurée. D’ailleurs, après son sacre retentissant, Hafnaoui a reconnu être «venu ici pour gagner une médaille sur 400 m et 800 m. Juste une médaille, n’importe laquelle. Je n’avais pas imaginé remporter l’or, surtout que j’étais au couloir 8. Dans la deuxième partie de la course, je me suis senti mieux, et ça a été une belle bataille à la fin. C’est tellement incroyable, je ne m’attendais pas à ça, je suis tellement content.»

L’admirateur va-t-il dépasser le maître ?
En effet, le nageur tunisien, qui s’est élancé du plot de la ligne d’eau numéro 8, n’était pas dans le meilleur des couloirs en natation car il vaut mieux se trouver au milieu du bassin. Cela sert à réduire l’effet ralentissant que provoque les vagues des adversaires. Mais il fallait plus pour l’empêcher d’être consacré sur la distance au détriment de l’Australien Jack Mc Loughlin (3 :43.52) et l’Américain Kieran Smith (3 :43.94).
Le chemin réalisé depuis 6 ans quand il a intégré le programme national de natation est énorme. L’escale des Jeux olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires en 2018 aura été une étape importante même s’il n’avait pas été décoré dans la compétition. Trois ans plus tard, il est primé à Tokyo. Le bassin du pays du Soleil Levant a vu émerger un nouveau grand nom de la natation tunisienne après le légendaire Oussama Mellouli.
Ce dernier n’est autre que l’idole de Hafnaoui qui estime que «ses performances mondiales retentissent encore» non sans ajouter «Franchement, je suis capable de faire mieux que lui.» Le nouveau champion olympique du 400m ne se fixe pas de limite. Si jamais il est sacré sur 800m, avec les séries prévues à compter du 29 juillet, il pourrait prétendre à déloger son modèle. n