La superstar américaine de la gymnastique Simone Biles a fait une entrée en scène un peu brouillonne dimanche en qualifications des Jeux olympiques de Tokyo, mettant les pieds en dehors des tapis à plusieurs reprises, ce qui ne l’a pas empêchée de finir en tête du concours général et de décrocher un ticket pour les six finales au programme. Tout le monde attendait celle qui est considérée comme la meilleure gymnaste de tous les temps. Comment allait-elle entamer la compétition ? Visiblement nerveuse, Biles n’a pas failli, mais a donné quelques signes inhabituels de fébrilité.
Mais son niveau de difficulté lui permet de se payer ce luxe. Ainsi elle a commencé la compétition au sol en mettant les pieds en dehors du praticable, tout en volant à sa moyenne de trois mètres de hauteur, sortant sa panoplie habituelle, et extraordinaire, d’acrobaties. Au sol, Simone Biles n’a pas pour habitude d’être deuxième, mais en qualifications elle a été devancée par l’Italienne Vanessa Ferrari, qui participe à Tokyo à ses quatrièmes JO.
Tom Foster, l’un des responsables de l’équipe américaine, a mis cela sur le compte de «la nervosité» et «d’erreurs liées au mental». «Il faut qu’on reste dans les limites», a-t-il dit à la presse, questionné sur ce qu’il fallait changer pour les finales, expliquant n’avoir «jamais vu Simone» mal se réceptionner à la poutre comme dimanche.
LES ADIEUX DE CHUSOVITINA
Dans le sillage de Biles, les Américaines, tenantes du titre, se sont qualifiées sans surprise pour le concours par équipes, mais elles ont été devancées par les Russes (170,562 pts contre 171,629 pts aux Russes). La 3e place est revenue aux Chinoises (166,863 pts).
Au saut, Biles n’a pas essayé sa nouvelle acrobatie, un double salto arrière carpé jamais réalisé en compétition internationale par une femme, qu’elle garde dans sa manche pour plus tard. Elle l’a en revanche testé à l’entraînement cette semaine dans l’Ariake Gymnastics Center.
Mais, malgré ses pieds en dehors des clous, comme si elle était emportée par son énergie qui la propulse si haut, elle disputera toutes les finales au programme : concours général par équipes, en individuel, saut, poutre, sol et de justesse les barres asymétriques qui n’ont jamais été son fort.
EN ROUTE VERS L’HISTOIRE
Biles, cinq médailles olympiques et 19 titres mondiaux à son palmarès, peut donc viser six titres olympiques dans la capitale japonaise, ce qui lui permettrait de dépasser le record détenu en gymnastique par la Soviétique Larissa Latynina de neuf titres olympiques.
En toute fin de journée, les Allemandes se sont fait remarquer par leur combinaison intégrale qu’elles ont préférée aux justaucorps, pour se sentir à l’aise, comme elles l’avaient fait à Bâle aux derniers championnats d’Europe.
Rare moment de chaleur et de communion dans une salle vide de spectateurs et remplie uniquement des encadrements et des gymnastes : les adieux de l’Ouzbèke Oksana Chusovitina, doyenne des gymnastes, à 46 ans, sous une ovation et en larmes. n