Un duel haletant et le début d’une razzia: la jeune Australienne Ariarne Titmus
a chipé lundi l’or olympique du 400 m à la reine américaine Katie Ledecky, alors que la star du sprint Caeleb Dressel
a empoché, dès son entrée en lice avec le relais 4×100 m américain, le premier des six titres qu’il vise à Tokyo.

Par Coralie FEBVRE
Nouvelle star annoncée de la natation mondiale, Ariarne Titmus, 20 ans, est venue bousculer la suprématie de la quintuple championne olympique de 24 ans, pour offrir à l’Australie son premier titre individuel chez les femmes depuis 2008. «Honnêtement, je m’attendais à être plus nerveuse», constatait cette novice des Jeux après une accolade chaleureuse avec sa rivale américaine. «Je l’ai remerciée (…) Si je n’avais pas quelqu’un comme elle à chasser, clairement je ne nagerais pas comme ça». Moins bien partie, Titmus a sonné la révolte aux 250 m, recollant d’une accélération brutale avant de chatouiller le record du monde (3:56.46) pour s’imposer en 3:56.69, devant Ledecky (3:57.36) et la Chinoise Bingjie Li (4:01.08). «Aux 200 m, j’étais un peu inquiète», reconnaissait la nageuse de Tasmanie installée à Brisbane, également engagée sur 200 m et 800 m nage libre. «Mais j’ai essayé de rester calme et d’utiliser ma vitesse».

Dressel ouvre son compteur
Déjà battue par Titmus lors des Mondiaux-2019 sur la même distance, Ledecky s’est consolée de sa première défaite dans une finale olympique en se réjouissant de son «meilleur temps depuis cinq ans» sur 400 m, assurant que «ça (la) booste en terme de confiance». La marathonienne des bassins a d’ailleurs remporté dans la soirée les séries du 200 m (1:55.28), Titmus se contentant du 3e chrono (1:55.88), puis celles du 1.500 m (15:35.35), distance qui fait ses débuts olympiques et dont elle est la grandissime favorite. Elle doit aussi disputer le 4×200 m et le 800 m. Venu à Tokyo avec un programme tout aussi copieux, son compatriote Caeleb Dressel s’est lui adjugé l’or dès son premier plongeon: ménagé en séries dimanche, il a remporté le relais 4×100 m en lançant Blake Pieroni, Bowen Becker et Zach Apple. Déjà champions olympiques à Rio, les Américains se sont imposés en 3 min 8 sec 97, jamais inquiétés par les Italiens (3:10.11) et les Australiens (3:10.22). Titré uniquement en relais aux JO-2016 et treize fois champion du monde depuis, Dressel vise encore les titres du 100 m, 100 m papillon et 50 m, et ceux des 4×100 m 4 nages et 4×100 m 4 nages mixte.

Peaty «soulagé»
Le Britannique Adam Peaty, 26 ans, a de son côté remporté un deuxième titre olympique consécutif sur 100 m brasse, confirmant sa suprématie sur la distance. En tête de bout en bout durant l’épreuve gagnée en 57.37, Peaty a devancé le Néerlandais Arno Kamminga (58.00) et l’Italien Nicolo Martinenghi (58.33), pour le premier podium 100% européen de la natation cette année, signe de la singularité de la brasse.
«Il ne s’agit pas de savoir qui est le meilleur toute l’année, mais qui est le meilleur le bon jour», a-t-il souligné auprès de la BBC, exténué et ému, remerciant sa compagne artiste et son petit garçon. «Cette victoire n’était pas la mienne, c’était celle de l’équipe britannique, de ma famille et de mes amis. Je suis tellement soulagé.» Désormais détenteur des 17 meilleurs chronos de l’histoire, le nageur d’Uttoxeter ambitionne toujours de devenir le premier brasseur à passer sous les 56 secondes, après avoir cassé la barre des 57 secondes. La Canadienne Margaret MacNeil avait lancé la matinée en remportant le 100 m papillon (55.59), deux ans après son titre mondial sur la distance, devant la Chinoise Yufei Zhang (55.64) et l’Australienne Emma McKeon (55.72). (AFP)