Même s’il n’y avait pas beaucoup d’attente tant l’escrime algérienne n’est pas réputée pour être une discipline pourvoyeuse de médailles au niveau mondial, la frustration de la défaite est là. Les 4 escrimeurs Dz, qui disputaient les Jeux Olympiques pour la première fois en carrière, n’ont eu qu’un petit tour à animer sur les pistes de Tokyo avant de déposer leurs armes. On peut clairement parler d’une participation à fleurets mouchetés bien qu’elle devrait servir à nos jeunes athlètes pour grandir et gagner en maturité au plus haut niveau. Les Olympiades 2024 à Paris sont leur objectif commun pour prouver qu’ils ont pris de la graine lors de cette escale nipponne.

Par Mohamed Touileb
On ne va pas dire que le manque d’expérience soit le seul paramètre qui leur a fait défaut tant l’écart technique était manifeste sur les pistes. Que ce soit en fleuret ou en sabre, les Algériens ont dû ranger très tôt leurs armes dans le fourreau. Aucun d’entre eux n’a pu créer la surprise dans une compétition qui regroupait les meilleurs 64 tireurs mondiaux dans chaque spécialité.
Quelques crans en dessous
C’est le sabreur Akram Bounabi (21 ans) qui avait, samedi dernier, ouvert le bal pour les Dz. Il s’est incliné 15 touches à 9 contre le Japonais Kaito Streets terminant à la 35e place du concours général. Le lendemain, la jeune Meriem Mebarki (18 ans) était engagée dans l’épreuve du fleuret. La fleurettiste a été dominée 15 touches à 8 par la Hongroise Pasztor Flora bouclant la compétition au 33e rang. Pour leurs parts, Kawthar Mohamed Belekbir (17 ans/sabre) et Salim Heroui (22 ans/fleuret) n’ont pas survécu à leurs premiers assauts en s’inclinant, dans ce sens, 15 à 1 face à Yang Hengyu (Chine) et 15-6 contre Mylnikov Vladislav (ROC/Russie). A noter que la tombeuse de notre sabreuse s’est arrêtée au tableau de 16 face à la future championne olympique Pozdniakova Sofia (ROC/Russie). Ce qui peut expliquer la large défaite de l’Algérienne.

Le maigre budget accordé à la FAE
En tout cas, les scores réalisés par nos représentants montrent qu’il reste beaucoup de travail à faire afin d’atteindre des stades plus avancés dans les d’évènements de grande envergure. Certes, les progrès réalisés sur les scènes continentale et régionale sont notables. Cependant, il y a ce palier international à faire franchir aux jeunes.
Pour cela, il faut de gros moyens car le haut niveau à ses exigences. D’autant plus que l’édition de Paris-2024 est fixée comme un véritable test pour nos athlètes en herbe. Par ailleurs, de bons résultats impliquent des investissements conséquents.
Politique sportive expirée
A cet effet, une source proche de la Fédération algérienne d’escrime (FAE), nous révèle que « les grandes fédérations d’escrime disposent d’un budget de 10 millions d’euros minimum. En Algérie, pour l’année 2021, la FAE a eu droit à 5 millions de dinars (l’équivalent de 32 000 euros). Pour ce qui est du Fond spécial pour la préparation des Jeux Méditerranéens, il est de 28 millions de dinars (l’équivalent de 176 000 euros). Ce n’est pas avec 30 millions de dinars qu’on peut préparer les équipes nationales, les Jeux Olympiques, les JM en plus de payer les entraîneurs et acheter le matériel.» Le sport d’élite en Algérie est toujours victime de la gestion approximative et le manque de politique réelle pour dépenser utilement et efficacement. Quand on apprend que le budget des équipes nationales et des fédérations dans la loi de finances est passé de 280 à 100 milliards de centimes (soit de 17,6 à seulement 6,3 millions d’euros) et qu’il n’est pas divisé avec des parts plus ou moins équitables entre les 43 fédérations sportives existantes, on peut penser que le rationnement doit être revu. Tout comme la politique sportive qui a commencé par montrer ses limites depuis des années. Désormais, on a atteint le fond, et on creuse.