Défaite au 3e tour face à la Tchèque Marketa Vondrousova en deux sets secs (6-1, 6-4), Naomi Osaka est violemment retombée sur terre après quelques jours sur son nuage de Tokyo. Choisie pour allumer la flamme, la Japonaise n’a pas su résister à la pression inhérente à son statut. Au point de quitter la zone mixte avec les journalistes presque en larmes.
On espérait un nouveau départ. Pour elle, pour nous, pour le tennis en général et pour la force du symbole en particulier. Au pays du Soleil Levant, Naomi Osaka devait se réveiller. Ou plutôt se retrouver. Chez elle, dans un environnement bienveillant et dans un tableau rapidement privé de tête de proue, la star du tennis féminin voulait mettre ses mois difficiles derrière elle. Ceux où sa santé mentale et sa détresse psychologique auront fait causer, après son choix de se soustraire aux obligations médiatiques imposées par le circuit. Choisie pour allumer la flamme olympique, elle s’était présentée, radieuse et honorée, pour lancer officiellement ses Jeux Olympiques de Tokyo.
La chute fut rude. Après deux premiers tours sans encombre, la Japonaise s’est présentée avec la tête des mauvais jours, et le tennis qui va avec, face à Marketa Vondrousova. En deux sets secs, Osaka a retrouvé la fragilité qui symbolise son tennis ces dernières semaines (seulement 64% de premières balles, 32 fautes directes). Après coup, elle ne s’est pas éternisée sur le court. Et, rapidement, la rumeur d’un nouveau boycott médiatique a pris corps à Tokyo puisque la Japonaise avait fait le choix de zapper la conférence de presse d’après-match.

FAUX-DÉPART MAIS VRAI TROU NOIR
Finalement, c’est face à une toute petite équipe de journalistes qu’elle s’est présentée en zone mixte, quelques minutes après. «Je suis déçue à chaque défaite mais celle-ci craint un peu plus que les autres. Mes attentes étaient beaucoup plus hautes», a-t-elle avoué d’entrée. Il n’empêche, à fleur de peau, Osaka a préféré retenir le positif et ces jours magiques vécus depuis son arrivée à Tokyo. « Honnêtement, je suis vraiment fière d’être ici, a-t-elle expliqué. Je suis déçue d’avoir perdu, bien sûr, mais dans l’ensemble, je suis ravie de ma première expérience olympique ».
Forcément, la question de ses derniers mois compliqués est rapidement venue sur le tapis. Notamment sur sa coupure après Roland-Garros, imposée par les circonstances plus que réellement choisie. Visiblement, son break n’a pas eu les effets escomptés sur son tennis : « Mon attitude [lors du match, NDLR] n’a pas été bonne car je ne sais pas vraiment gérer ce genre de pression, donc j’ai fait au mieux dans ces conditions ». Était-ce le meilleur timing pour elle d’assumer l’attente d’un pays et l’ouverture d’une compétition mondiale à la symbolique chargée ? « La pression, je devrais être habituée à force. Mais, en même temps, la grandeur d’un tel évènement a été vraiment compliquée à gérer, surtout avec le break que j’ai pris, a-t-elle décrypté. Au moins, je suis soulagée de ne pas avoir perdu au premier tour ». Signe que rien n’est encore rentré dans l’ordre chez la Japonaise.

« CE QUE JE VIS EST GÉNIAL, SOIT C’EST TERRIBLE »
Si le séisme est d’ampleur pour le Japon, qui perd ici une idole nationale, les répliques sont encore à déterminer pour la suite. Car, au fond, malgré une parenthèse enchantée d’une petite semaine, le trou noir vécu par Osaka au printemps n’en finit plus de durer.
« Je suis une personne qui vit beaucoup les choses, donc soit ce que je vis est génial, soit c’est terrible », a-t-elle encore détaillé, avant de quitter les journalistes au bord des larmes, sans répondre à la dernière question posée. Pour ces JO, difficile d’être catégorique, dans un sens ou dans un autre. Car l’honneur vécu par la Japonaise peut effacer bien des défaites. Mais il n’est pas suffisant pour inverser une tendance franchement inquiétante…