«En 2019, le pays doit changer de logiciel», a déclaré hier à Batna le leader de Jil Jadid, Soufiane Djilali. Par cette formule, il exprime le souhait que l’année 2019, rendez-vous de la présidentielle, soit celle de l’alternance et le début d’un changement de mode de gouvernance pour le pays.

D’après le numéro un de Jil Jadid, l’enjeu, pour le pays actuellement, n’est pas celui de changement de personnes, mais de nature du pouvoir en Algérie, a-t-il déclaré face à une assistance réunie à l’hôtel Hazem, composée presque exclusivement de cadres et de militants locaux de son parti.
L’intervention de Soufiane Djilali a été l’occasion de faire le point sur la situation organique de sa formation à l’échelle locale puis d’animer une conférence-débat durant laquelle il a passé en revue la «conjoncture nationale». Avant que le leader de Jil Jadid ne prenne la parole, l’évènement a débuté par plusieurs et courtes interventions vidéo en chaoui, en arabe et en français, de militants qui ont expliqué pourquoi ils ont choisi de lutter au sein de leur formation et ce qu’elle est en mesure d’apporter au débat politique dans le pays. La suite a permis à M. Djilali de se lancer dans un long réquisitoire, faisant part de ses inquiétude face à la «situation dégradée» que connait, selon lui, l’Algérie. Il plaidera pour une «réhabilitation» du politique dans le pays, un plaidoyer qui doit s’accompagner d’après lui du refus de l’hypothèse désormais forte d’un cinquième mandat pour le chef de l’Etat en exercice. Si les Algériens ont «divorcé» avec le politique, c’est parce que tout a été fait pour les désintéresser et de les éloigner de son champ, a clamé le numéro un de Jil Jadid. Ce n’est pas une fatalité selon lui pour peu que les Algériens «gardent leurs différences et partagent ce qu’ils ont en commun», une manière de dire que le retour à l’action politique doit s’accompagner de l’idée du bien commun et du vivre ensemble. Sur cette question, en particulier, Soufiane Djilali a dénoncé les «donneurs de leçons de tous bords», y compris ceux qui saturent le discours religieux pour des intérêts personnels ou de groupes. Pour décrire la «situation préoccupante» que vit le pays aujourd’hui, Soufiane Djlilali s’est attardé sur le phénomène de la «harga», symptomatique selon lui de «tous les maux» que vit le pays.