Par Nadir Kadi
A deux jours de la clôture de la campagne officielle pour les élections législatives du 12 juin, le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, s’est montré très confiant quant à la mobilisation des électeurs le jour du scrutin. Le responsable politique a en ce sens déclaré sur les ondes de la Chaîne III qu’il s’attend à un taux de participation supérieur à 40% : «Je pense que le taux sera autour des 40%, voire plus.» Une estimation haute qui serait rendue possible par la nouvelle loi électorale : «Le mode du scrutin ayant changé, il est normal que l’approche des citoyens soit différente (…) Aujourd’hui, nous avons un nombre important de listes ouvertes. Tout cela fait que l’ensemble des candidats sont aussi des moteurs de mobilisation.» Une situation qui pourrait en tout cas satisfaire la volonté du président de Jij Jadid. Soufiane Djilali répétant hier qu’il souhaite voir arriver la mobilisation populaire au niveau politique pour faire passer le «souffle révolutionnaire de la rue vers l’intérieur des institutions».
Responsable politique qui ajoute dans la même logique que les rencontres organisées par les candidats de Jil Jadid avec les citoyens ont montré une certaine volonté de participation : «Nous avons démarré la campagne avec beaucoup d’appréhension (…) mais, au final, tous les citoyens se sont intéressés à ce qui se passait, et petit à petit ils ont suivi la campagne. Ils ont envie de participer et d’écouter. Mais bien sûr on ne connaîtra la participation réelle que dans la soirée du 12 juin. Il est déjà évident que cela s’annonce sous de meilleurs auspices que ce qui était dit.» Le président de Jil Jadid, qui rappelle qu’il ne se porte par lui-même candidat, a toutefois nuancé son propos en expliquant qu’il avait également été constaté de la prudence chez une partie des éventuels électeurs : «Il apparaît que les Algériens n’ont plus confiance en la politique, mais ils ont aussi envie que quelque chose de sérieux arrive. La situation est ambiguë.»
En ce sens, estimant que la classe politique, les partis et les candidats devaient aux Algériens un discours de vérité : «Il faut dire la vérité telle qu’elle est (…) Les Algériens connaissent leur pays, ils savent ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Il est inutile de faire des promesses pour gagner des voix, les électeurs ne sont pas dupes.» Le scrutin du 12 juin est ainsi comparé par Soufiane Djilali à une sorte d’entrée dans «une phase de transition» ; le responsable explique sa pensée en déclarant qu’un Parlement représentatif était l’extension naturelle du mouvement populaire de 2019 : «Les changements que nous avons vécus portent aussi une forme de déstabilisation, il faut revenir à des institutions stabilisées par la légitimité et la reconnaissance des citoyens (…) Si au 13 juin nous sortons avec un Parlement représentatif (…) le Hirak aura trouvé un débouché naturel.»
Quant aux éventuelles alliances attendues au lendemain de l’annonce des résultats, le président de Jil Jadid estime qu’il s’agit du jeu démocratique classique : «Les alliances vont se faire de manière tout à fait naturelle, on ne peut pas gérer un pays avec un Parlement émietté (…), il faudra une majorité.» En ce sens, Soufiane Djilali rappelle que la Constitution a prévu deux éventualités : «une majorité autour du président de la République, ou une majorité autour du parti politique d’opposition (…) Quelle que soit la formule, il y aura des alliances pour former le groupe de la majorité que pour le groupe de l’opposition». Et dans ce clivage qui s’annonce, la position de Jil Jadid n’est pas encore tranchée : «Nous ne pouvons pas savoir à l’avance où l’on se classera (…) Il s’agit d’abord de voir les résultats. Un résultat qui puisse répondre à nos espérances.» Dans tous les cas, ajoute Soufiane Djilali, «une alliance, surtout si elle doit aller vers le gouvernement, ne devra pas reproduire les mêmes schémas que par le passé (…) Cette fois il faudra discuter le fond, avancer son propre projet, mêmes partiellement». n